Windsor: «Des enseignants de St-Philippe sont encore malades»

Même si la Direction de la Santé publique (DSP) de l'Estrie estime que les moisissures ne sont plus un problème à l'école Saint-Philippe de Windsor, le Syndicat de l'enseignement de l'Estrie (SEE) réclame d'autres tests de qualité de l'air, comme il l'a déjà fait auparavant. Le SEE remet en doute les décisions et les conclusions des deux organisations.
Après avoir été informés des résultats, des enseignants et leur représentant syndical se sont rendus au conseil des commissaires, mardi soir, afin de se faire entendre.
« Ce qu'on constate, c'est que depuis le retour, il y a des enseignants qui sont encore malades, qui ont des symptômes qu'ils avaient avant... Quand la CSS a fait des tests dans l'école, elle a fait des tests de qualité de l'air, mais pas les mêmes que ceux faits les 7 et 8 janvier 2013. On veut qu'ils refassent les mêmes tests que les 7 et 8 janvier 2013 », indique le président du SEE, Richard Bergevin.
« On a une grande déception. La CSS et la DSP prennent des décisions sur des informations partielles et des tests qui ne sont pas comparables. » M. Bergevin rappelle que le test réalisé le 7 janvier avait été fait sans la présence d'enfant, tandis que celui effectué le 8, en leur présence, avait permis de détecter un problème.
Sur le faible taux de réponse à l'enquête épidémiologique (39 % par rapport à 63 % en 2013 chez les élèves), M. Bergevin indique que des parents auraient mentionné qu'ils n'ont pas répondu parce qu'ils craignaient que leurs enfants soient déplacés de nouveau.
Moins d'élèves affectés
Rappelons que la CSS et la DSP ont rendu publics les résultats préliminaires de la deuxième enquête épidémiologique menée par la DSP. La DSP dit constater que la proportion d'élèves (29 %) qui ressentent des symptômes pouvant être compatibles avec un problème de la qualité de l'air a diminué. Comme certains membres du personnel ressentaient certains symptômes, la CSS a effectué le monitorage du taux d'humidité et de dioxyde de carbone (CO²) dans l'établissement. Cela a permis de constater que le taux de CO² était un peu élevé et l'air plutôt sec. 
Père de deux élèves de Saint-Philippe, dont une fillette qui éprouve plusieurs symptômes depuis l'épisode des moisissures, Simon Fredette aurait aussi aimé que la CSS effectue les mêmes tests que l'an dernier. Il dit ne pas être rassuré. « C'est facile de jouer avec les chiffres. Il y a moins de monde malade... mais il y a encore du monde malade », commente-t-il. Si la situation ne s'améliore pas, il pourrait inscrire ses enfants dans une autre école l'an prochain. Sa fille présente différents symptômes, dont des « maux de tête tous les jours »; ses parents sont en attente du résultat d'un scan pour des taches sur les poumons. Des deux enfants, c'est elle qui est la plus touchée. « C'était correct au Transit », note-t-il. Les élèves avaient dû être transférés au Transit de Magog en février 2013, pendant les travaux de décontamination. 
Aussi père de deux élèves, Martin Paquin tient le même discours : il n'est pas plus rassuré. Ses deux enfants, atteints du syndrome des cils immobiles (un diagnostic reçu à la naissance, qui entraîne notamment des problèmes respiratoires) ont été retirés de l'école. Les parents font en partie l'école à la maison, et un professeur privé enseigne aussi aux enfants quelques heures par semaine. M. Paquin espère pouvoir envoyer les enfants à l'école en mai, quand l'établissement pourra être mieux aéré.