Wilson St-Jean, président, et Sarah Lazure-Gilbert, co-administratrice au projet, lancent une campagne de financement pour la construction d'une maison de jeunes à Jérémie en Haïti.

Wilson St-Jean veut prendre le relais de sa mère

En novembre 2013, la mère de Wilson St-Jean s'éteignait. Un autre chapitre de l'histoire incroyable de ce jeune homme natif de Haïti commençait alors. Un chapitre de générosité, de bonté et d'entraide.
L'ancien athlète sherbrookois poursuit une tradition familiale en construisant une maison de jeunes dans la ville de Jérémie en Haïti. C'est sa grand-mère qui a allumé la torche, elle qui prenait les enfants de la rue sous son aile en les logeant et en les nourrissant. Le flambeau a été ensuite passé à la mère de Wilson qui s'est investie à fond dans cette généreuse initiative. Hors de question pour Wilson de laisser mourir cette flamme d'humanité en même temps que sa mère.
« Je le fais pour honorer ma mère. J'ai toujours aimé aider les gens depuis ma jeunesse et c'est quelque chose que j'aimerais transmettre à mes enfants », raconte Wilson qui travaille présentement comme enseignant en éducation physique dans une école de jeunes déficients intellectuels.
Son projet permettrait à une dizaine de jeunes d'être hébergés dans la maison Le Passage en plus d'offrir plusieurs services comme de l'éducation, des soins, et la possibilité de pratiquer des sports à d'autres enfants de la région.
« Certains Haïtiens ont tendance à attendre qu'on leur donne tout, ce n'est pas ce que je veux faire. Je vais t'aider à pêcher le poisson, mais je ne vais pas te le donner directement. Je vais seulement te donner les ressources », illustre-t-il. Je veux leur donner la chance que j'ai eue, de partir d'Haïti et de venir ici, d'avoir une chance d'étudier, de réussir mon éducation. C'est la même chance que j'aimerais offrir à certains jeunes. »
Bonté demandée
En branle depuis un an, le projet nécessite un financement de l'ordre de 200 000 $. Une somme qui peut paraître astronomique, mais qui en vaut la chandelle.
« C'est ce qui manque à Haïti, c'est de l'encadrement. Malgré cela, les jeunes qui n'ont rien ont tellement de joie de vivre. Ils ne savent pas s'ils mangeront une ou deux fois par jour, mais ils gardent le sourire quand même », indique Wilson St-Jean, président de l'organisme.
« Le gouvernement actuel met beaucoup d'efforts pour rendre l'éducation accessible à tous, mais la majorité des écoles sont privées. Les gens sans le sou n'ont donc pas les moyens de s'éduquer », ajoute Sarah-Lauzière-Gilbert, trésorière.
L'ascension du mont Kilimandjaro en juillet 2015 fait partie des activités de financement. Les gens sont invités à participer au projet. Une collecte de fonds plutôt exigeante, mais est-ce qu'on s'en étonne en regardant le parcours sportif de Wilson, qui a remporté plusieurs médailles dans sa carrière? D'ailleurs, le potentiel des Haïtiens n'est pas qu'intellectuel selon lui.
« Je le vois, les jeunes sont tous petits, mais ils sont déjà découpés. Quand je fais des activités avec eux, tu le vois qu'ils ont du potentiel, quand ils sautent, quand ils courent... Haïti a vraiment le potentiel de compétitionner sur la scène mondiale, mais il manque un peu d'encadrement », dit-il.
Wilson en est la preuve vivante. Athlète émérite, récipiendaire du mérite sportif à deux reprises, enseignant accompli et surtout personnalité ô combien généreuse, il démontre que l'Haïti a beaucoup à offrir si on lui donne un petit coup de main!
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Pour faire des dons, vous pouvez contacter l'organisation par l'entremise de leur site internet : http://lepassage-mdj.com/. Une séance d'information se tiendra le 15 juillet prochain 19 h au Boquébière pour les gens intéressés à participer à l'ascension du Kilimandjaro.