Une sixième vague de compressions au Cégep

Le couperet est tombé: le Cégep de Sherbrooke devra faire face à une sixième vague de compressions en quatre ans. La directrice générale de l'institution, Marie-France Bélanger, ne pouvait pas cacher sa colère, jeudi.
<p>Marie-France Bélanger</p>
«On est piégé: ou on met en péril les services aux étudiants ou on fait des déficits qui s'accumulent. C'est absolument incompréhensible. »
Québec demande un effort de rationalisation supplémentaire au réseau collégial, chiffré à quelque 19 M $. En fonction du poids de l'établissement sherbrookois dans le réseau, Mme Bélanger évalue cette nouvelle coupe à quelque 400 000 $, qui doit être réalisée en pleine année financière.
« Il y avait des signaux dans l'air que possiblement il y aurait d'autres compressions, mais jamais on n'aurait pensé que ce serait à cette hauteur. C'est une sixième coupe en quatre ans, dont deux en cours d'année... », a commenté Mme Bélanger, qui a pris part à une réunion à Québec jeudi.
«On nous arrive avec une coupe comme ça, j'ai l'impression qu'on reçoit des coups dans les jambes et qu'on n'arrive pas à se relever. Je ne sais plus comment on va faire », lance-t-elle.
Le Cégep de Sherbrooke a adopté un budget déficitaire de l'ordre de 500 000 $ l'automne dernier, et ce, en dépit de plusieurs mesures qui ont été mises de l'avant, dont neuf postes qui ont été supprimés.
En entrevue la semaine dernière à La Tribune, Mme Bélanger indiquait que l'institution s'attendait à devoir produire un plan de redressement en raison de sa situation financière. Dans un pareil cas, le Cégep devrait alors cibler de quelle façon il résorbera le déficit. « Ils vont manquer de personnel pour suivre les plans de redressement », dit-elle en soulignant que des collèges se retrouvent déjà dans le rouge.
Elle indique que l'établissement a enregistré une petite baisse d'étudiants, ce qui aura un impact sur les finances. « On en prévoyait une centaine de plus. Finalement, on en a 40 ou 50 de moins que l'an passé. On s'est trompé dans nos prévisions. »