Gilberte Bussière

Une religieuse d'Asbestos enlevée au Cameroun

Une religieuse originaire d'Asbestos, Gilberte Bussière, ainsi que deux prêtres italiens ont été enlevés dans la nuit de vendredi à samedi dans le nord du Cameroun, en Afrique. Le trio se trouvait à une vingtaine de kilomètres de Maroua, un secteur situé à environ 800 kilomètres de Yaoundé, la capitale du pays. Cette région connaît une montée des tensions qui n'est pas sans créer beaucoup d'inquiétudes pour la population et les étrangers qui y oeuvrent.
Née en 1939 à Asbestos, Soeur Gilberte Bussière fait partie de la Congrégation de Notre-Dame et oeuvre au Cameroun depuis 1979. Elle a fondé et dirigé une école de Douvangar, dans la paroisse de Tchéré, endroit où elle a été kidnappée, tout comme les prêtres italiens, Giampaolo Marta, 47 ans, et Gianantonio Allegri, 57 ans, originaires de Vicence.
Avant de quitter pour le Cameroun, la religieuse a enseigné à Lac-Mégantic ainsi qu'à Arthabaska entre 1959 et 1979. Elle était revenue au Canada pour des raisons de santé il y a un an avant de retourner au Cameroun, ce malgré la recommandation de son médecin. Elle devait revenir au Québec pour célébrer Pâques. Malade, la religieuse a toujours besoin d'un suivi médical régulier.
Soeur Denise Gauthier, de la Congrégation de Notre-Dame à Québec, a éclaté en sanglots en apprenant qu'une des leurs avait été enlevée. «C'est très dur, ce qui arrive», a-t-elle confié au Soleil. La communauté religieuse de la congrégation est d'autant plus inquiète, puisque soeur Gilberte Bussière est malade, a fait savoir sa consoeur.
«Je peux vous dire qu'elle a forcé la main du médecin pour y retourner!» a-t-elle raconté. «Sa vie était là-bas.» Soeur Denise Gauthier y est allée entre 1983 et 1989, puis en 2001. «C'était très différent à l'époque (dans les années 80). Quand j'y suis retournée en 2001, j'avais hâte de revenir tellement ça avait pris une débandade.»
Selon elle, la pauvreté frappe durement les communautés auxquelles les soeurs viennent en aide. Mais soeur Gauthier était loin de se douter qu'une consoeur puisse être enlevée.
Selon les autorités en place, des hommes armés ont enlevé les trois religieux vers 23 h 45 (heure locale). Des responsables religieux de ce secteur accusent le groupe islamiste nigérian Boko Haram, qui a kidnappé un prêtre et une famille française en 2013, d'être les responsables de cet enlèvement. Les ambassades concernées ont été avisées et les autorités de la Congrégation de Notre-Dame suivent la situation avec vigilance, a-t-on appris, dans les dernières heures. Des forces de sécurité camerounaises ratissent depuis la région où la religieuse Gilberte Bussières a été enlevée.
À Québec, le cardinal Gérald Cyprien Lacroix a déclaré via son compte Twitter que les membres de son diocèse étaient «unis dans la prière avec les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame». Sur Radio Vatican, le pape François a fait savoir qu'il priait pour ces trois religieux et qu'il souhaitait une solution rapide et positive de cet épisode malheureux.