Michel Dubuc

Une peine «sévère et exemplaire» pour Michel Dubuc

C'est une peine «sévère et exemplaire» de 36 mois que devra purger Michel Dubuc de Sherbrooke. Détenu depuis la mi-février, Dubuc a été condamné, jeudi, à cette peine de pénitencier par le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec au palais de justice de Sherbrooke. Dubuc avait monté un stratagème pour obtenir des faveurs sexuelles d'une femme dans la vingtaine entre juin 2008 et mars 2009.
«Les crimes que l'accusé a commis sont odieux et révoltants. Il a mis à contribution toutes ses ressources personnelles et ses connaissances des réseaux internet et sociaux pour parvenir à ses fins. Ces crimes commandent d'être dénoncés par une peine sévère et exemplaire, et ce, dans le but de dissuader à la fois l'accusé, mais aussi toute personne qui, comme lui, pourrait être tentée de commettre ce genre de crime», explique le juge dans sa décision.
L'accusé a été reconnu coupable des accusations portées contre lui en août 2013. Dubuc a inventé de toutes pièces une histoire mettant en scène des personnages fictifs pour obtenir des faveurs sexuelles de la femme qui avait demandé au départ à Dubuc de prendre des photos d'elle. Michel Dubuc avait placé des petites annonces sur Internet offrant ses services comme photographe. C'est de cette façon qu'il a rencontré, en juin 2008, la jeune femme qui deviendra sa victime.
Dubuc s'est servi d'intermédiaires, qu'il avait lui-même inventés, pour faire plonger la jeune femme dans les mailles de son filet. De photos coquines, les photos sont devenues plus érotiques avant de passer aux vidéos pornographiques où Michel Dubuc avait des relations sexuelles avec la victime.
Ne sachant pas que Michel Dubuc se cachait derrière ces personnes qui n'existaient que par courriel et qui la menaçaient, la victime s'y référait pour recevoir de l'aide. L'homme de 28 ans tirait profit de la situation en « offrant « à sa victime de faire les vidéos pornographiques avec elle et qu'il allait s'arranger pour les récupérer. Au bout du rouleau, la victime a tout raconté à la police en mars 2009. Une enquête de la Sûreté du Québec a permis de découvrir le pot aux roses.
«Séduite d'abord par un avantage financier, le consentement de la victime à des relations sexuelles avec l'accusé et à la production de matériel pornographique a été extorqué par des menaces de mort et du chantage. La façon dont l'accusé s'y est pris pour appâter sa victime et par la suite la piéger lui a permis d'assouvir ses fantasmes et ses pulsions sexuelles et d'atteindre les buts qu'il s'était fixés. Sa responsabilité pénale est importante. Il a démontré un mépris à l'égard des sentiments de la victime, de son intimité, de son intégrité physique et de sa dignité», souligne le magistrat.