Patrick Paultre

Une expérience, quatre laboratoires

Un pont, quatre laboratoires de génie civil. Le pilier d'un pont qui bouge à l'Université de Sherbrooke va faire bouger le pilier testé par l'École polytechnique, ce qui aura un effet sur le tablier testé par l'Université de Toronto, qui à son tour engendrera un effet sur l'appui testé à University of British Columbia.
Cette expérience sera bientôt possible grâce à l'octroi d'une subvention de 2,5 M$ accordé au professeur Patrick Paultre, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en génie parasismique, en plus d'être directeur du Centre de recherche en génie parasismique et en dynamique des structures, destinée à l'achat de deux nouveaux équipements uniques permettant ce genre d'expérience délocalisé.
« Un des principaux moyens d'évaluer la performance sismique de structures consiste à faire des essais en laboratoire sur des spécimens en grandeur réelle. Uniques au Canada, ces deux équipements que nous avons obtenus permettront aux chercheurs de tester des spécimens par essais hybrides distribués entre différents laboratoires de plusieurs universités canadiennes et américaines, qui testeront chacune une composante d'une même structure sur des échantillons de grande taille », vulgarise le professeur Paultre.
Ce même genre de test serait impossible à réaliser dans un seul laboratoire.
« Il faudrait avoir beaucoup d'équipements et ça demanderait énormément d'espace », explique-t-il, en précisant que ça l'équipement permet de tester également les structures de bâtiments.
Membre du laboratoire de structures du département de génie civil de l'UdeS depuis 28 ans, M. Paultre est enchanté à l'idée que ces nouveaux équipements se joindront à ceux déjà disponibles à l'université.
« Il y a beaucoup de travail derrière cette nouvelle », souligne-t-il.
Une année complète sera nécessaire pour l'installation des équipements et une autre pour la préparation.
La subvention provient d'investissements de la Fondation canadienne pour l'innovation (1 M$), du Gouvernement du Québec (1 M$) et de partenaires privés (500 000 $). Cette demande de financement touche uniquement les infrastructures de recherche.