La Ville de Coaticook procédera à la démolition du dernier bâtiment fragilisé par l'inondation du ruisseau Pratt en janvier dernier

Un troisième édifice sera démoli à Coaticook

Au cours des prochains mois, la Ville de Coaticook procédera à la démolition du bâtiment commercial présentement occupé par le Salon Espagnol et le Salon Jean-Claude, soit le dernier bâtiment fragilisé par l'inondation du ruisseau Pratt en janvier dernier.
Lors d'une séance extraordinaire du conseil municipal de Coaticook tenue plus tôt cette semaine, il a été décidé d'accepter l'offre de Nicole Jean de se porter acquéreur de son lot, incluant un bâtiment commercial pour la somme de 1 $. «Toutefois, comme le bâtiment nécessite de nombreux travaux architecturaux fort coûteux, il sera démoli au cours des prochains mois», peut-on lire dans le communiqué émis par la Ville de Coaticook.
Situé en plein coeur du centre-ville, à l'adresse civique du 23-25 rue Child, l'édifice abrite le Salon Espagnol, propriété de Mme Jean, et le Salon Jean-Claude. Les deux commerces devront être libérés au plus tard le 1er septembre.
Nicole Jean met ainsi fin à un cauchemar qui perdure depuis janvier dernier à la suite de l'inondation du ruisseau Pratt qui a mené à la démolition de deux autres bâtiments commerciaux, eux aussi établis au-dessus du cours d'eau. «Les rénovations devaient me coûter autour de 65 000 $, mais à la suite de la dernière analyse de l'état du bâtiment, la facture s'élevait à 200 000 $. Le hic, c'est qu'en 2011 j'avais investi 164 000 $ que je paie encore tous les mois, lance Mme Jean. Mais ce qui m'a aidé à prendre ma décision, c'est que j'aurais été obligé de relocaliser temporairement mon commerce pour la période des travaux. C'est ce qui a fait pencher la balance.»
Sitôt sa décision prise, elle s'est déniché un nouvea local, toujours au centre-ville, dans l'ancien local de Audet TV sur la rue Main Ouest. Le nouveau Salon Espagnol devrait y rouvrir ses portes à la mi-août. Idem pour le Salon Jean-Claude dont la propriétaire, Karine Houle, a entrepris des démarches afin de se relocaliser au centre-ville.
«Je suis consciente que je perds tout ce que j'ai investi, mais ma santé vaut plus que ça! affirme avec assurance Nicole Jean. Cela va faire 49 ans ce samedi que je fais des bouclettes, mais je ne suis pas prête à prendre ma retraite, car j'aime ce que je fais et j'ai encore du fun.»
Un achat préventif
«C'est un endroit très problématique, car 75 % de la façade du bâtiment de Mme Jean est au-dessus du ruisseau, précise Luc Marcoux, conseiller à la Ville de Coaticook. Effectuer des rénovations, c'est comme mettre un band-aid sur une plaie qui ne se guérit pas. Pour le futur, on souhaitait aussi éviter, entre autres, d'éventuelles mises en demeure pour contraindre le propriétaire à effectuer les travaux nécessaires, ce qui aurait occasionné des frais importants aux deux parties.» Quant à la vocation qu'on réserve à cette nouvelle parcelle de terrain, on entend prioriser un usage commercial des lieux.