Un siège de 12 heures au centre-ville (photos)

Le forcené qui a tenu les autorités en haleine toute la journée mercredi a été arrêté après avoir allumé un incendie dans son logement du centre-ville de Sherbrooke.
L'homme de 41 ans souffrant vraisemblablement de problèmes de santé mentale a causé tout un émoi en forçant la fermeture de l'intersection névralgique King-Wellington.
L'apparition de fumée à l'entre-toit de l'édifice abritant le commerce Le Rock sur la rue King Ouest a forcé les pompiers à asperger le logement de l'individu, puis les membres du Groupe d'intervention du Service de police de Sherbrooke à entrer de force dans le logement.
«Le suspect n'a pas offert de résistance. Il a été arrêté, puis conduit au CHUS Hôtel-Dieu pour être évalué en psychiatrie», explique le porte-parole du SPS, Martin Carrier.
Si les policiers ont maintenu le siège pendant douze heures, c'est que l'individu avait dans un premier temps aspergé son logement d'essence et qu'il était armé d'un sabre et d'un répulsif à ours.
«Nous avons dû revoir toutes nos stratégies. L'homme était armé et menaçait de mort les policiers. Avec la présence d'essence, nous ne pouvions pas mettre de la pression sur lui. Il ne fallait en aucun temps provoquer l'urgence. Un incendie dans ce secteur du centre-ville risquait d'enflammer les bâtiments environnants», explique le porte-parole du SPS.
Des négociateurs du SPS ont tenté pendant plusieurs heures de raisonner le quadragénaire qui n'était pas connu des services policiers. L'intervention du GI en après-midi par le toit a provoqué la colère du forcené qui a aspergé d'essence les policiers spécialisés, puis vidé son logement en jetant ses effets personnels dans la rue. Bouteilles de vin, haut-parleurs, écran d'ordinateur, téléviseur, briques et poubelles, tout y est passé.
De nombreux badauds se sont massés à l'intersection King et Wellington pour assister à cette scène inusitée où pompiers et policiers tentaient de mettre fin à ce siège. Chacun y allait de sa théorie sur la façon de résoudre l'impasse.
Locataire de l'immeuble évacué, Emmanuel Gelé connaissait très peu son voisin qui résidait à cet endroit depuis environ dix mois. Certains indices lui laissaient croire qu'il pouvait souffrir de schizophrénie.
Il explique que les policiers ne pouvaient défoncer la porte parce que des barres de métal avaient été installées par l'individu dans son logement dans un délire pour que personne ne puisse l'atteindre chez lui.
«En fait, je ressens de la pitié pour lui. C'est un homme qui est en profond délire. Il sortait très peu de chez lui. Il avait un problème de santé mentale évident. Il était paranoïaque. Il était déjà venu nous voir en panique parce l'on faisait un peu de bruit en montant un meuble. Il se sentait menacé. C'est peut-être ce qui est arrivé avec les inspecteurs qui sont venus le voir», croit Emmanuel Gelé.
C'est une visite d'un inspecteur municipal et d'un pompier pour une question de salubrité au logement situé sur la rue King Ouest qui aurait déclenché une réaction disproportionnée de l'homme vers 8h30. Ce dernier s'est barricadé dans son logement en menaçant de mort les inspecteurs municipaux, puis les policiers.
Puis la situation a dégénérée jusqu'au début de l'incendie vers 20h15, mettant fin à cette longue journée pour les forces de l'ordre. La rue King Ouest a été bloquée entre la rue Wellington et des Grandes-Fourches forçant la fermeture des commerces situés dans le périmètre de sécurité lors de l'intervention.
Le forcené n'est pas au bout de ses peines.
Incendie criminel, menaces de mort sur diverses personnes, voies de fait sur des policiers, méfait sur un véhicule et avoir mis en péril la sécurité d'autrui ne sont que quelques-unes des accusations qui pourraient être autorisées contre lui.