Un printemps en prison pour un pédophile

Samuel Lagimonière de Sherbrooke se retrouvera en prison lors de son retour devant le tribunal au printemps 2014. Son avocat et la poursuite se sont entendus sur ce point lors des représentations sur la peine qui se déroulaient jeudi devant le juge Paul Dunnigan de la Cour du Québec.
Reste maintenant au tribunal à déterminer quel temps l'individu de 29 ans devra purger après avoir reconnu sa culpabilité à des accusations de possession de pornographie juvénile, d'avoir accédé à la pornographie juvénile et de voies de fait sur des policiers.
C'est en demandant de l'aide après avoir tenté de s'enlever la vie que l'individu a fait des aveux à l'ambulancière lors de son transport en décembre 2011. L'ordinateur de Samuel Lagimonière comptait 285 fichiers de pornographie juvénile. Les enquêteurs du Service de police de Sherbrooke ont aussi trouvé une lettre dans laquelle l'individu admet qu'il est pédophile.
Le rapport présentenciel confectionné dans son dossier fait aussi ce constat. Cependant, le procureur aux poursuites criminelles souligne que l'accusé y minimise son crime en mentionnant qu'il n'a pas fait des victimes directes.
« Derrière ces images, il y a de vraies personnes. Il y a des gens qui produisent ces images et qui abusent de vraies personnes », spécifie le procureur aux poursuites criminelles Me André Campagna.
Lagimonière a aussi reconnu les faits dans une affaire de voies de fait armée envers les policiers. Appelé à intervenir pour un appel de détresse de l'individu en mai 2013, il a brandi une hache vers les policiers.
Le procureur réclame une peine de détention de six à huit mois pour Samuel Lagimonière, qui est un récidiviste en matière de possession de pornographie juvénile. La poursuite réclame diverses conditions à imposer dans le cadre d'une probation, dont celle de ne pas se trouver seul en présence de mineurs de moins de 16 ans.
L'avocat de la défense Me Jean-Guillaume Blanchette a exprimé au tribunal qu'une peine de 70 jours serait suffisante. Il a demandé que Lagimonière puisse voir son filleul de trois ans avec la présence des parents de ce dernier, demande à laquelle la poursuite s'est opposée.
S'il avait choisi de ne pas témoigner, Samuel Lagimonière a tenu à s'expliquer au juge Paul Dunnigan après le débat sur ce point. « Je ne suis pas un prédateur sexuel. Je veux stipuler que j'ai fait de gros efforts et que je fais très attention. Je ne cours pas après les enfants », a-t-il soutenu devant le tribunal.
Me Blanchette rappelle que son client a entrepris volontairement une thérapie pour se réhabiliter. Il a noté que son client regrette ses activités sexuelles déviantes et son sentiment de honte.
« Je ne crois pas que l'envoyer en prison pour une plus longue période que 70 jours va mieux protéger la société. Mon client a besoin d'encadrement. Il veut s'en sortir et tourner la page », plaide Me Jean-Guillaume Blanchette.