Mise en scène par Marc Beaupré (au centre), la pièce Instructions pour un éventuel gouvernement socialiste qui souhaiterait abolir la fête de Noël propose en duo les acteurs Luc Picard et Sophie Desmarais.

Un peu de théâtre

«Le monde est une scène de théâtre, mais les rôles sont mal distribués», faisait valoir le toujours très coloré Oscar Wilde. On vous laisse méditer là-dessus tout en vous proposant quelques voies culturelles à explorer...
SORTIE
Instructions pour un éventuel gouvernement...
Le 15 septembre 2008, dans la foulée de la crise américaine des subprimes, la banque d'investissement Lehman Brothers déclare faillite. Dans son bureau de Wall Street, Jason, un courtier, angoisse à vue d'oeil, et ne ménage pas son assistante Cass, une jeune mathématicienne, flirtant avec l'autisme. Ils incarneront chacun à leur manière deux des principales dérives ayant menée la haute finance droit dans le mur que l'on sait : son arrogance, ainsi que l'opacité des sibyllins calculs derrière les processus d'évaluation des risques. Le dramaturge montréalais d'origine anglaise Michael Mackenzie transforme cette page sombre de l'économie mondiale en fable sur l'aveuglement volontaire et sur les dérives de l'ego dans Instructions pour un éventuel gouvernement socialiste qui souhaiterait abolir la fête de Noël, qui tenait pour la première fois l'affiche en français l'automne dernier, au Théâtre d'Aujourd'hui de Montréal, grâce à une traduction d'Alexis Martin. L'infaillible Luc Picard effectue un retour à la scène dans ce huis clos l'opposant à Sophie Desmarais (Sarah préfère la course), et mis en scène par Marc Beaupré. Mardi 1er décembre à 20 h au Centre culturel de l'Université de Sherbrooke.
<p>Anik Beaudoin</p>
SORTIE
Le Cabaret d'Éva
En 2002, Patrick Quintal et le Théâtre du Double signe s'inspiraient d'un conte russe afin de créer Baba Yaga. Après la mort de sa mère, la jeune Vassilissa se butait à la cruauté d'une belle-mère injuste et méchante. Les fidèles amateurs de théâtre se souviendront sans doute qu'une certaine Anik Beaudoin revêtait alors le rouge costume de Vassilissa. Anik Beaudoin, la propriétaire du restaurant Auguste, vous étonnez-vous? Oui, oui, la même Anik! La femme d'affaires, désormais bien occupée par la gestion d'une des meilleures tables au centre-ville, renoue pour un soir seulement avec son ancienne vie de comédienne lors d'une nouvelle édition des Cabarets d'Éva, cette série de lectures publiques présentées par le Double signe à la bibliothèque municipale Éva-Senécal. Après avoir rendu hommage aux femmes de lettres Denise Bombardier et Lise Payette lors des deux précédentes éditions, les concepteurs de la série, Jacinthe C. Tremblay et Jean Francoeur, célèbrent cette fois-ci la vie et l'oeuvre de Madame Bertrand, prénom Janette, en donnant à dire à Anik certaines des plus belles pages de son autobiographe, Ma vie en trois actes. Jeudi 26 novembre à 19 h.
MUSIQUE
Les Revenants - Épouvantails
Les Revenants, c'est Bobby Hachey qui aurait laissé un buvard fondre sur sa langue, c'est les Byrds période psychédélique qui feraient trembler les murs du ranch à Willie, c'est Ennio Morricone qui aurait composé la trame sonore d'un film mettant en vedette les frères Pilon et leurs gueules hirsutes. Avec Épouvantails, deuxième album paru en octobre, Jimmy Beaudoin et ses collègues laissent plus que jamais le grand vent de leurs guitares pleines de reverb souffler sur leurs bringuebalantes symphonies en twang mineur. La poésie de leur traversée country-rock d'une Amérique anonyme érige en improbables muses les ponts couverts, les routes désertes et les reflets de nos regrets sur le lac au matin, comme quoi l'arrière-cour d'une terre de rêves recèle souvent une plus grande dose de mythe que sa trompeuse devanture. La brume auréolant les chansons du quatuor sur disque se dissipe une fois sur scène grâce à des rafales de solos qui carillonnent, et qui carillonneront samedi 28 novembre à 21 h 30 au Boquébière.