André Dion

Un passionné aux oiseaux

Si vous parlez d'oiseaux à André Dion, attendez-vous à une longue discussion. Sa passion pour ces bêtes est quasi-démesurée. Les gestes qu'il pose et son discours depuis plusieurs décennies en sont la preuve.
Aussi loin qu'il se souvienne ou presque, André Dion a toujours été attaché aux animaux. «J'étais encore petit et ma mère avait failli mourir lors d'un accouchement. On m'avait envoyé chez une tante qui m'enfermait durant des heures sur la galerie. Je regardais à travers les barreaux et, au sol, je voyais une armée de rats. J'avais le goût d'aller jouer avec eux», raconte-t-il.
 
Le Magogois n'avait que 10 ans lorsqu'il a commencé à collectionner des objets reliés aux oiseaux, des bêtes auxquelles le reste de sa famille ne portait aucun intérêt, selon ce qu'il affirme.
«J'avais mon musée personnel sur les oiseaux à partir de l'âge de 10 ans. Plus tard, j'ai même obtenu des permis spéciaux pour garder certains objets de collection», souligne l'homme de 88 ans.
En outre, au cours de sa jeunesse, il a remporté un concours provincial d'écologie. Pour gagner, il avait «écrit à la main un livre d'au moins deux pouces d'épais» qui traitait du moineau.
Il aurait pu entreprendre une formation en biologie ou autres matières semblables à l'université, mais il n'a jamais complété les études préalables. Un discours provocateur qu'il avait prononcé devant ses camarades, avant son entrée à l'université, avait amené son collège à le forcer à prendre une année sabbatique qui s'étira beaucoup plus longtemps que prévu.
Une fois hors du système d'éducation, André Dion est devenu journaliste pigiste. Il a oeuvré pour nombre de publications. Il a aussi offert des cours à la Télé-Université.
Avec sa conjointe, France Dumas-Dion, il a par ailleurs créé une collection de jeux éducatifs qui a connu une grande popularité à une époque. Au total, 2000 écoles auraient fait appel à ces jeux, vendus à trois millions d'exemplaires.
Des croisades
Ayant à son actif plus d'une quinzaine de livres, André Dion a lancé sur le marché son premier ouvrage, Le retour du Merlebleu, alors qu'il se trouvait dans la soixantaine. Dans la foulée, la Société des amis du Merlebleu de l'Est de l'Amérique est née.
«Cet organisme a eu jusqu'à 450 membres et on a posé 10 000 cabanes pour les Merlebleus. La société est non-opérante actuellement, mais chacun de ses membres fait sa part de son côté. Ensemble, on a réussi à sauver cette espèce. Mais c'est du passé pour moi tout ça», déclare-t-il.
Le sauvetage des colonies de Garrot d'Islande du Québec constitue la «deuxième grande cause» épousée par le Magogois. «Cette espèce n'a jamais été en danger sur la côte ouest du Canada. Par contre, au Québec, ce n'est pas la même situation», confie-t-il.
Afin de favoriser la préservation les colonies de Garrot d'Islande de la province, M. Dion et sa conjointe ont écrit un autre livre. Les profits amassés permettent l'installation de cabanes pour ces oiseaux dans des secteurs qui leur sont propices.
Récemment fait chevalier de l'Ordre de la Pléiade, l'octogénaire accorde énormément de mérite à sa conjointe, complice de toutes ses actions en faveur de la faune ailée. «Je suis un bohème. Sans elle, je serais resté dans les bois. Je n'aurais pas produit de livres.»