Un parcours éprouvant au centre-ville de Lac-Mégantic

« J'avais cette maison-là depuis 45 ans et j'ai vécu à Lac-Mégantic 14 ans. C'était une très belle maison en brique beige avec de belles pierres de granit brune. J'ai beaucoup aimé demeurer là. On voyait le lac de ma maison, c'était un quartier résidentiel très tranquille. »
<p>Lorraine Beaudoin Lacoursière Langlois</p>
Parmi les gens qui ont visité le centre-ville de Lac-Mégantic dimanche après-midi, certains, comme Lorraine Beaudoin Lacoursière Langlois, y étaient pour observer l'espace laissé vide par des immeubles consumés par le feu de la tragédie ferroviaire.
Propriétaire d'un duplex sur le boulevard des Vétérans à la suite du décès de son mari de l'époque, Mme Beaudoin Lacoursière Langlois louait ses deux logements depuis une trentaine d'années. Tout au long du trajet, la dame avait en mémoire le récit de ses locataires qui sont parvenus in extremis à fuir les flammes le 6 juillet dernier.
« Mes locataires se sont sauvés de justesse, se remémore celle qui vit maintenant à Disraeli. Il a entendu l'explosion dans la ruelle en arrière et en ouvrant la toile il a vu le feu pris dans la haie de cèdres. Il a dit à son épouse qu'ils devaient partir et ils ont courus nus pieds, en jaquette et en pyjama. Rendue au coin de l'hôtel l'Aubergine, ma locataire s'est retournée et elle a vu la maison exploser. Elle a sauté parce qu'il y avait apparemment sous le terrain un canal de pétrole. Dix maisons de suite ont brûlé et il y a eu quatre décès. »
Textes complets dans La Tribune de lundi.