Un nouveau débouché pour les résidus de verre

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Le verre, mal-aimé des matières récupérables, aura enfin une nouvelle vie au Québec. Tricentris, un organisme sans but lucratif exploitant trois centres de tri, utilisera la technologie développée par le professeur Arezki Tagnit-Hamou de l'Université de Sherbrooke. Une usine verra le jour à Lachute afin de fabriquer de la poudre de verre, qui pourra ensuite être incorporée au béton.
Arezki Tagnit-Hamou
Le projet, dévoilé mercredi en conférence de presse aux installations de Tricentris à Terrebonne, permettra aux cimentiers et à diverses industries de fabriquer du béton moins polluant, en plus de créer un nouveau débouché pour le verre, difficile à récupérer.
L'usine devrait être fonctionnelle d'ici 12 à 24 mois et créer jusqu'à 25 emplois. Le projet est évalué à quelque 10 millions $.
La poudre de verre permettra de remplacer 30 % du ciment dans le béton. La fabrication du ciment produit du gaz carbonique, qui contribue aux gaz à effet de serre. On évalue qu'une tonne de ciment représente un peu moins d'une tonne de GES. «On pense qu'on peut épargner 87 000 tonnes de GES par an», explique le directeur général de Tricentris, Frédéric Potvin, L'usine pourra traiter 10 tonnes de verre à l'heure.
Tricentris et la Société de commercialisation et de valorisation de l'UdeS (SOCPRA) ont signé une licence, hier, ayant pour but le transfert de technologie. «Cette signature représente la concrétisation de plusieurs années de travail», a souligné la présidente et directrice générale de la SOCPRA, Josée Fortin.
«La première étape reste à faire. Il faut faire connaître le produit à nos acheteurs», explique M. Potvin. La poudre de verre pourrait intéresser les cimentiers, les bétonniers et les producteurs de produits préfabriqués, notamment. M. Tagnit-Hamou, titulaire de la Chaire SAQ sur la valorisation du verre dans les métaux, accompagnera l'organisme dans ses premières démarches avec de potentiels acheteurs.