Le Dr François Lamontagne retournera en Afrique cet automne pour soigner les malades de la fièvre Ebola.
Le Dr François Lamontagne retournera en Afrique cet automne pour soigner les malades de la fièvre Ebola.

Un médecin du CHUS au chevet des victimes du virus Ebola

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Un médecin et chercheur du CHUS, le Dr François Lamontagne, a été affecté au chevet de patients au coeur du foyer épidémique du virus Ebola en Afrique de l'Ouest.
Le médecin intensiviste et chercheur au CHUS et professeur à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l'Université de Sherbrooke s'est rendu en Guinée le printemps dernier et retournera vraisemblablement au Libéria l'automne prochain dans l'objectif d'améliorer les soins aux malades pour limiter l'impact de cette fièvre hémorragique.
La pire épidémie d'Ebola jamais recensée a jusqu'à présent fait au moins 961 victimes, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et son taux de mortalité s'établit à environ 50 pour cent.
« Je soignais les patients atteints ou les cas suspects dans les unités de soins de médecins sans-frontière. J'avais commencé dans la capitale Conakry avant d'être transféré vers la région forestière, qui est en fait la jungle, dans l'épicentre où tout a commencé près de Guéckédou. C'est là qu'il y avait plus de besoins », explique le Dr Lamontagne, qui avait reçu un mandat de consultant de l'OMS.
« L'OMS a eu la bonne idée de faire affaire avec des médecins dans mon domaine qui se spécialisent en réanimation et en soins intensifs. Nous n'avons été que deux médecins francophones à répondre à la demande. L'Ebola est une maladie qui ressemble beaucoup à des maladies que l'on soigne ici. Je ne suis pas un expert en santé publique, alors j'allais là pour donner ma compétence dans les soins aux malades. Je me suis rapidement retrouvé dans les unités de traitement pour soigner», explique le Dr Lamontagne.
Avec un collègue de Bordeaux en France, le Dr Lamontagne a rapidement constaté qu'il y avait de la place pour améliorer les protocoles de soins.
« Après nos journées de soins aux malades, nous avons fait de la formation pour amender les protocoles de soins en place. Nous retournons pour implanter les suggestions faites et voir à les améliorer. J'ai constaté qu'il y avait une place en réanimation et en soins intensifs lors de mission humanitaire. Il y a un besoin à combler dans ce domaine », mentionne le Dr Lamontagne qui s'est toujours intéressé aux missions humanitaires.
Selon l'OMS, la maladie à virus Ebola se transmet par contact direct avec du sang, des liquides organiques ou des tissus de personnes ou d'animaux infectés. Les personnes gravement malades ont besoin de soins intensifs.
« Ça se transmet un peu comme l'hépatite C. La différence est que les gens atteints de l'Ebola ont des diarrhées et des vomissements importants. Il y a plus de virus qui sortent du corps. La contagion se prévient de façon efficace avec des mesures simples comme le lavage des mains. Se laver les mains dans certaines régions d'Afrique où il n'y a pas d'eau n'est pas évident. La propagation en dit plus long sur la vulnérabilité des régions touchées que sur les méthodes pour contenir la propagation. Ce sont des zones où il y a eu la guerre, où le système en santé publique est fragile et où il n'y a souvent pas d'eau; même dans les hôpitaux », indique le médecin intensiviste du CHUS. « En contexte occidental, il n'y a pas lieu d'avoir de mouvement de panique. S'il y avait un cas rapatrié, ça ne saute pas sur le monde et le virus ne se répandra pas de la même façon. Malgré cela, là-bas nous sommes équipés de vêtements qui couvrent chaque centimètre de peau. Nous sommes très protégés », assure le Dr François Lamontagne qui a dû composer avec les disparités culturelles afin de pouvoir prodiguer les soins aux patients affectés par le virus.
La flambée actuelle d'Ebola a démarré en Guinée en décembre 2013. La transmission s'étend désormais à la Guinée, au Libéria, au Nigéria et au Sierra Leone. Au 4 août dernier, ces pays avaient répertorié 1711 cas. Aucun vaccin ou traitement n'est éprouvé contre l'Ebola.
L'Ebola débute avec de la fièvre, des maux de tête et une sensation de faiblesse, et peut se développer davantage avec des vomissements, de la diarrhée et des problèmes de reins et de foie. Dans certains cas, les patients sont aux prises avec des hémorragies internes et externes.
« Même si j'ai soigné des patients atteints, je n'en connais pas encore beaucoup sur le virus. Pour la maladie chez les humains, on n'en sait presque rien et il y a peu de gens qui soignent les personnes atteintes. Ce qui entre dans l'unité de traitement ne peut sortir. Nous tentons d'apporter un minimum d'équipement ne serait-ce pour tenir les dossiers des patients en soins critiques. Nous ne pouvons utiliser le papier qui se désagrège. Pour la prochaine mission, nous tentons simplement de prévoir un formulaire avec deux ordinateurs à l'intérieur et à l'extérieur pour la saisie de données afin de savoir quels soins nous avons apportés aux clients », mentionne le Dr François Lamontagne.