Un long travail pour développer un seigle hâtif

Dans le but de révolutionner l'agriculture biologique, le Centre d'expertise et de transfert en agriculture biologique et de proximité (CETAB+) travaille à développer un seigle hâtif pour favoriser la pratique du semis direct.
Ce procédé permet de semer des plantes en introduisant la graine directement dans la terre sans avoir à labourer le sol, ce qui engendre une économie considérable de carburant. Par contre, cette méthode fait face à un obstacle de taille dans son instauration : les mauvaises herbes.
Déjà du côté des États-Unis, une nouvelle façon de faire prouve son efficacité. Il s'agit d'implanter un engrais vert de seigle à l'automne et de le détruire au printemps suivant à l'aide d'un rouleau-crêpeur afin de former un paillis végétal, fournissant ainsi la matière organique nécessaire aux semis.
Toutefois, le seigle s'adapte mal au printemps québécois, ralentissant du même coup la croissance des cultures.
«Pour pallier cette réalité, le CETAB+, avec la collaboration du Dr André Comeau, s'évertue à créer une lignée de seigle hâtif et compétitif produisant une grande biomasse. En 2013, plus de 200 000 plants de seigle d'origines internationales ont été mis en terre au CETAB+ en prévision d'une sélection», indique Serge Préfontaine, directeur du CETAB+.
La maturité, la biomasse, le démarrage rapide au printemps et la performance des racines constituent quelques-uns des critères de sélection du généticien André Comeau.
Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) finance le projet qui vise à offrir un seigle hâtif qui permettra de favoriser l'agriculture biologique au Québec.