Un Estrien sur deux en surpoids

Plus de la moitié de la population estrienne présente un surpoids, une donnée qui préoccupe la directrice de la Santé publique de l'Estrie, Dre Mélissa Généreux. Il s'agit de l'un des faits saillants d'une enquête sans précédent menée par la DSP de l'Estrie, l'Enquête de santé populationnelle estrienne (ESPE) 2014. On y apprend également que 30 % des Estriens sont sédentaires.
<p>Dre Mélissa Généreux</p>
La DSP a dévoilé une partie des résultats de l'enquête à La Tribune, portant sur les habitudes de vie et les maladies chroniques.
« Je trouve ça impressionnant. Pendant longtemps on a parlé de 50 %, on est rendu à 54 %, on s'en va en augmentant c'est certain », commente Dre Généreux à propos des Estriens en surpoids, basé sur l'indice de masse corporelle (IMC).
Cette proportion grimpe à 64 % dans la MRC des Sources.
D'autres faits retiennent l'attention, dont la sédentarité et l'alimentation.
Le taux de sédentarité est plus élevé à Sherbrooke (32 %) et dans le Val-St-François (34 %) qu'ailleurs en Estrie.
La proportion de gens en surpoids est plus faible dans la ville de Sherbrooke, mais on y retrouve plus de gens sédentaires. « Il va falloir que je creuse. Peut-être qu'il y a un sous-groupe de Sherbrookois qui bouge moins, mais en échange il y a un autre sous-groupe qui bouge un peu plus », note Dre Généreux.
D'autres constats soulèvent aussi certaines questions : plus de 50 % de la population ne consomme pas les cinq fruits et légumes recommandés par jour. Le portrait est semblable pour l'ensemble du territoire. « La sensibilisation a beaucoup été faite auprès des jeunes. Ça lance un message assez clair : il faut se préoccuper de la santé des adultes. »
« Quand on met ça en relation avec les habitudes de vie, où on voit que 30 % des gens sont sédentaires en Estrie ou que 56 % ne consomment pas les cinq fruits et légumes par jour (...), on a quand même des indices qu'au chapitre des facteurs de risque du surpoids, ça concorde bien avec le phénomène qu'on observe, avec une proportion de 54 % d'Estriens en surpoids. »
L'ESPE 2014, réalisé avec la collaboration d'une trentaine de chercheurs, a permis de se pencher sur 10 angles de recherche, dont la catastrophe de Lac-Mégantic. Les sphères de recherche gravitent autour d'un tronc commun sur les habitudes de vie et les maladies chroniques.
« La nouveauté, c'est qu'on n'a jamais eu de données plus fines à l'échelle estrienne », commente-t-elle en précisant l'ampleur du nombre de répondants. « Il y a des inégalités sur le territoire dont on doit absolument tenir compte. »