Rémi Demers

Un élu à la présidence de Destination Sherbrooke?

Le prochain président du conseil d'administration de Destination Sherbrooke sera un élu municipal s'il n'en tient qu'aux conseillers siégeant déjà au C.A. de l'organisme paramunicipal. Ils se rangent derrière la proposition de la présidente sortante Dany Lachance, qui quittera ses fonctions à la fin du mois de mai, et qui estime qu'un élu à la présidence aurait plus de poids pour défendre des dossiers chauds.
Le maire Bernard Sévigny trouve lui aussi l'idée intéressante. «Dany a joué les deux rôles en étant présidente d'un conseil d'administration comme élue et comme citoyenne. Elle est donc en mesure de relever les nuances entre les deux options. Il faudra en discuter au comité exécutif, puisqu'il est arrivé à quelques reprises que des élus nous fassent la même proposition.»
Si le nom de Serge Paquin circulait déjà hier à titre de candidat pour la présidence, le principal intéressé a tôt fait de mettre les pendules à l'heure. «Ce n'est pas quelque chose qui m'intéresse. J'ai déjà beaucoup de fonctions et je siège déjà au C.A. de Destination Sherbrooke, en plus d'être président du comité exécutif.»
Le choix de M. Paquin, un élu du centre-ville, aurait pu être motivé par une volonté d'établir un meilleur contact avec les gens d'affaires du centre-ville.
Parmi les autres élus siégeant déjà au C.A., Danielle Berthold pourrait avoir une longueur d'avance si l'objectif était de rétablir les liens de communication avec certains commerçants. Communicatrice professionnelle, Mme Berthold a toutefois encore peu d'expérience en politique. «C'est certain que ce serait une belle marque de confiance de M. le maire. Ce serait un gros mandat, mais un mandat qui m'intéresserait», lance-t-elle.
Mme Berthold ouvrirait donc une porte, si on lui proposait, tout en émettant quelques réserves.
L'actuel vice-président du conseil d'administration Rémi Demers garde lui aussi une porte ouverte. «Je suis confortable dans mon rôle actuel. Devenir président n'a pas fait partie de ma réflexion. Je n'ai pas d'attentes.»
Diane Delisle confie quant à elle que la présidence «n'est pas quelque chose qui me sourit d'emblée». Elle verrait bien M. Demers occuper ces fonctions. «Ce serait peut-être dans l'ordre des choses qu'on lui propose.»
M. Demers estime que de confier la présidence à un élu est une excellente idée. «Au cours des dernières années, nous avons eu à défendre au conseil beaucoup plus de projets de Destination Sherbrooke que des autres corporations paramunicipales. Je pense que le lien avec les élus doit être accentué. La transmission d'informations serait plus facile. Par sa nature, c'est une corporation qui a une implication politique. Il y a une réflexion profonde à avoir là-dessus, même si je ne suis pas capable d'identifier une situation où Destination Sherbrooke a écopé du fait que sa présidente n'était pas élue. Il reste qu'il y a parfois des incompréhensions quant à sa mission.»
Rémi Demers, Diane Délisle et Danielle Berthold souhaitent que la représentation des élus demeure la même au C.A. de Destination Sherbrooke, soit de quatre conseillers. Serge Paquin, pour sa part, n'exclut pas que la présidence puisse être confiée à un autre élu, stipulant que la décision reviendra au conseil municipal.
«Raisonnablement, il y a déjà quatre élus au C.A. C'est beaucoup, mais en même temps, les dossiers de Destination Sherbrooke sont sensibles sur le plan populaire, puisqu'il est question de tourisme», commente Bernard Sévigny.
Le choix du nouveau président sera fait par le conseil municipal sur recommandation du comité exécutif. Puisque Mme Lachance quittera ses fonctions à la fin du mois de mai, son départ ne vient pas «chambouler l'agenda», selon le maire Sévigny, et laisse le temps au conseil de trouver un remplaçant.
La nomination d'un conseiller municipal à la présidence de Destination Sherbrooke exigerait un amendement aux statuts et règlements de l'organisme paramunicipal.