L'entraîneur du Big Bill de Coaticook, Daniel Lachance, maîtrise particulièrement la communication par les signes au dire du propriétaire des Expos de Sherbrooke, François Lécuyer.

Un code pas si secret

Pour le néophyte, le baseball peut être un sport assez cryptique. L'arbitre a ses signaux, l'entraîneur aussi, et tous les joueurs semblent être au courant du code secret qui permet de les comprendre. Déchiffrage en règle de ces signes porteurs de sens.
Le baseball est un sport hautement stratégique, comme le souligne François Lécuyer, propriétaire des Expos de Sherbrooke. Chaque situation de jeu en apporte une autre, et le match évoluera parfois lentement, mais toujours en suivant une certaine logique, selon les mouvements de chaque équipe. L'entraîneur détermine au début une stratégie générale, mais une fois sur le terrain, il est là pour décider des détails plus précis. C'est là que les signes entrent en jeu.
Partie de baseball générique. Après le caucus du début de match, les neuf joueurs à la défensive sont envoyés sur le terrain, éparpillés entre les champs intérieurs et extérieurs. À partir de ce moment, le seul moyen de communication dont l'entraîneur dispose pour communiquer avec ses joueurs, ce sont les signes. Il doit faire des pieds et des mains pour traduire ses directives. Ce n'est pas différent lorsque son équipe est sur les buts.
L'entraîneur a donc à sa disposition son corps pour se faire comprendre. Le rebord de sa casquette, une boucle de ceinture, le logo de l'équipe ou encore un coude peuvent tous servir à envoyer des messages pas très subliminaux aux joueurs sur le terrain et à commander certaines actions.
Chaque entraîneur a ses propres signaux, qu'il changera de temps en temps pour que l'adversaire ne puisse pas les deviner. Ses propres signaux, et aussi son propre style. « Il y en a qui en mettent plus que d'autres, qui sont spectaculaires. Le coach de Coaticook est bon pour ça », remarque le propriétaire des Expos.
Une autre stratégie pour désarçonner l'équipe adverse, selon François Lécuyer, est de faire une tonne de signes... qui ne veulent absolument rien dire. Un peu comme quand les enfants jouent à Jean dit..., l'entraîneur aura un « vrai » signe au début d'une séquence qui indiquera aux joueurs qu'ils doivent être attentifs aux signes suivants.  
Parce que les joueurs doivent être à l'écoute de ce que l'entraîneur envoie comme signaux, sans quoi le mouvement peut cafouiller. « Si un signe est envoyé au frappeur au marbre et au premier but, et qu'un des deux rate le signe, tu te mets dans le trouble », illustre François Lécuyer. Il faut que tous les signes soient compris pour que le jeu soit efficace.
Les commandes les plus courantes envoyées par signaux sont l'amorti-sacrifice, l'amorti-surprise, le court et frappe, le frappe et court, et bien sûr le vol de buts. La prochaine fois que vous serez dans les gradins, vous pourrez ainsi tenter de deviner ce que l'entraîneur qui gesticule tente de dire à ses joueurs.