Un «cadeau énorme» pour Robert Ingari

Les participants de l'École d'été de chant choral étaient si bien préparés cette année à l'Université de Sherbrooke que le chef Robert Ingari a même pu ajouter trois pièces au programme. Pour le tout nouveau directeur de la maîtrise de chant choral de l'UdeS, c'est un "cadeau énorme".
Les participants de l'École d'été de chant choral étaient si bien préparés cette année à l'Université de Sherbrooke que le chef Robert Ingari a même pu ajouter trois pièces au programme. Pour le tout nouveau directeur de la maîtrise de chant choral de l'UdeS, c'est un "cadeau énorme".
"Il m'a déjà fallu une semaine pour emmener des choristes au niveau où étaient ceux de Sherbrooke à la première rencontre. Les bases étaient en place, je n'ai pas eu besoin d'enseigner les rythmes et les notes. J'ai pu me concentrer sur l'interprétation et la technique vocale", explique le directeur, qui a été choisi comme chef invité de l'École d'été avant même d'obtenir sa toute nouvelle situation à l'École de musique.
Originaire du Connecticut, Robert Ingari a mené des études de chant et de direction chorale à Boston et Tanglewood. Il a enseigné pendant dix ans là-bas, avant que l'amour ne lui fasse adopter Montréal et se tailler une place à l'Université McGill. Également chargé de cours et conférencier à l'UdeS, il a profité d'un bel alignement de planètes, puisqu'au moment où le programme de direction chorale tombait à McGill, celui de Sherbrooke s'ouvrait.
"J'ai beaucoup aimé Montréal, pour le français, que j'ai pu apprendre, et pour son côté passionné, artistique, ouvert. Je trouve que Sherbrooke a les mêmes qualités, avec un peu moins de compétition. Je commence tout juste à découvrir la ville."
Grand amant de la musique de Brahms, Robert Ingari a vite trouvé un répertoire qui se prêterait à un concert réunissant un pianiste, sept solistes et quarante-huit choristes. Son choix s'est arrêté sur les Vier Quartette (Quatre quatuors), pour quatre solistes, les Neue Liebeslieder-Walzer (Nouvelles chansons en forme de valse), pour choeur et solistes, et finalement Nänie (Les pleureuses).
Interprétation difficile
"La moitié du concert se compose d'oeuvres déprimantes", blague le chef de choeur. "Le texte de Nänie [prononcez nèniè] a été écrit par Schiller et la première ligne dit: "Toute beauté doit mourir." L'interprétation est très difficile. Il y a de grandes envolées, de petites phrases qui doivent être soutenues, beaucoup de fragilité."
Les Neue Liebeslieder-Walzer op. 65 sont aussi plus sombres, plus mélancoliques. "Elles font davantage référence à l'amour échappé, mais il y a aussi de la sensualité, de la jalousie, des épices passionnées, à la différence des Liebeslieder-Walzer op. 52, que nous avons ajoutées au programme, et qui sont très joyeuses et dansantes."
Ces pièces mettront aussi à profit le talent des solistes, qui seront totalement à l'honneur en début de concert avec les Vier Quartette. "Ce sont des bijoux du répertoire vocal de Brahms. J'ai toujours trouvé sa musique très inspirante parce qu'elle cherche toujours une réponse qui n'existe pas. Et j'aime bien essayer de trouver la vérité entre les notes", conclut Robert Ingari.
steve.bergeron@latribune.qc.ca