Claude Charland, directeur général du Centre de santé et de services sociaux d'Arthabaska et de l'Érable.

Un budget amputé de 2,4 millions $

Le directeur général du Centre de santé et de services sociaux d'Arthabaska et de l'Érable (CSSSAE), Claude Charland, s'attendait à voir le budget de son organisation être amputé, il a toutefois eu une mauvaise surprise lorsqu'il a appris que les compressions étaient de l'ordre de 2,4 millions $.
«On savait qu'il y aurait des coupures, on anticipait qu'elles soient de l'ordre de 1,4 million$ comme l'an dernier. Quand on a appris qu'on devait couper un million de plus, on a compris que nous n'avions plus de marge de manoeuvre, qu'on allait atteindre le maximum de l'élastique», explique le gestionnaire.
Le CSSSAE figure depuis plusieurs années parmi les établissements les plus efficaces au Québec. Il est d'ailleurs l'un des rares à ne pas avoir à sabrer parmi son personnel cadre. À l'échelle provinciale, c'est 1300 fonctionnaires qui seront sacrifiés au cours de la prochaine année.
«C'est sûr que ça ne fait pas notre affaire, mais nous sommes conscients que nous devons participer à l'assainissement des finances publiques. Nous sommes plusieurs à être parents et grands-parents et à ne pas vouloir laisser une dette importante aux générations futures», admet M. Charland.
Malgré l'effort majeur de restriction - la compression représente 1,4% du budget total du CSSSAE qui se chiffre à 172 millions $ -, le directeur général n'anticipe pas de mise à pied au cours de la prochaine année. Certaines personnes pourraient être mutées afin d'améliorer le service à la clientèle, mais la masse salariale devrait demeurer la même.
On tentera d'économiser par des achats mieux ciblés, en diminuant les efforts de visibilité et de représentation, ainsi qu'en mettant fin à certaines ententes de service.
«Ça nous force à être plus imaginatifs. Nous allons passer de 10 à 15 sortes de gants chirurgicaux à 2 ou 3, nous allons nous assurer d'avoir de meilleurs prix lors de nos approvisionnements. Nous allons également devoir prendre des risques pour nous équipements en mettant fin à nos contrats de service. Ce sera la très grande sobriété», analyse-t-il.
«Des décisions difficiles»
Si le CSSSAE se dit prêt à composer avec l'effort demandé cet année, il averti qu'il sera ardu de maintenir un tel rythme étant donné l'accroissement de la population de la région victoriavilloise et son vieillissement. Au cours des dernières années, le centre de santé a fait des pieds et des mains afin de sortir les aînés des centres de soin longue durée afin de les garder à la maison. Cette mesure, qui a des avantages tant sociaux qu'économique a toutefois ses limites.
«Si nous devons faire des compressions aussi importantes l'an prochain, nous devrons prendre des décisions difficiles. Il sera difficile de demeurer aussi performants et de maintenir notre offre de service», alerte-t-il, précisant qu'il est important pour le gouvernement de procéder à des coupures, tout en respectant le bon dosage.