Trouble au comité citoyens-étudiants

Revoir la composition et le fonctionnement du comité citoyens-étudiants, telle est la suggestion de la présidente du Regroupement des étudiants de maîtrise, diplôme et doctorat de l'Université de Sherbrooke (REMDUS) Marie-Pier Boisvert. Siégeant elle-même à ce comité, Mme Boisvert a profité de la présence du maire Bernard Sévigny sur le campus, la semaine dernière, pour dénoncer la façon de faire actuelle.
Ledit comité est notamment composé d'élus de l'arrondissement du Mont-Bellevue, de représentants étudiants et de citoyens.
« J'ai déjà siégé à ce comité et bien qu'il ait mené à des discussions nécessaires, notamment au sujet des débordements dans le secteur de l'université, on a parfois l'impression qu'il ne sert qu'à faire beau. Ce n'était pas un espace de discussion entre les étudiants et les citoyens, mais davantage entre les citoyens et la Ville de Sherbrooke. J'imagine qu'il faut siéger au comité pour s'en rendre compte. Ce n'est pas parfait parce que le comité est présidé par le conseiller de l'arrondissement (NDLR Jean-François Rouleau), qui s'en sert davantage comme plateforme électorale que comme lieu de discussion », a déclaré Marie-Pier Boisvert pour interpeller le maire.
« C'est difficile d'y siéger. Quand on veut prendre la parole, on n'est pas nécessairement écouté. Je me demandais s'il y avait un moyen de changer la structure du comité pour qu'il y ait une présidence externe ou qu'il y ait une alternance. »
Marie-Pier Boisvert déplore par ailleurs que le comité ne se réunisse que deux ou trois fois par année. « La rencontre ne dure que deux heures, donc il est difficile d'établir un dialogue. Les élus ont leur propre agenda et on dirait qu'ils sont là pour nous présenter les projets plutôt que pour en discuter. Si on soulève des enjeux qui ne sont pas à l'ordre du jour, on sent qu'on fait perdre leur temps aux gens. »
Le maire Sévigny l'a invitée à persévérer. « Les structures sont animées par les personnes qui sont présentes à ces instances. Je vais me garder de porter un jugement sur le comportement de mes collègues. Une des difficultés peut être que les membres non-étudiants saisissent mal les contraintes et les préoccupations étudiantes et vice versa. Est-ce que les étudiants saisissent parfaitement les contraintes municipales ou citoyennes? Je comprends que ça ne donne pas toujours les résultats escomptés à court terme, mais il faut persévérer là-dedans.
« Il est important d'avoir ces espaces-là pour discuter. Il faut persévérer, s'imposer aussi, mais proposer. S'il y a lieu de revoir la formation du comité, il faut le proposer, mais je n'interviens pas dans la compétence de l'arrondissement. Il faut maintenir ces instances pour débattre et communiquer. » M. Sévigny a entre autres cité l'accès libre au transport en commun comme un des succès du comité.
Le président du comité Jean-François Rouleau abonde dans le même sens que le maire. « Je suis surpris d'un commentaire semblable. C'est un comité très démocratique. Nos réunions sont annoncées deux ou trois mois à l'avance. Nous tenons tous les membres informés des dossiers qui touchent l'université. Il faut comprendre que ce n'est pas un comité consultatif, un comité décisionnel ou une table de revendication. C'est un comité de discussions. Nous apportons ensuite les suggestions à l'arrondissement et au conseil municipal. Ce comité se veut une ouverture de la Ville sur les dossiers du secteur universitaire. »
Étonné, M. Rouleau décoche du même coup une flèche vers Mme Boisvert. « C'est drôle, son père (NDLR : L'ancien conseiller du district de la Croix-Lumineuse Pierre Boisvert) a siégé au comité pendant huit ans. Et au cours des derniers mois, il y a eu beaucoup d'absences d'étudiants. »
Le conseiller repousse enfin du revers de la main l'idée d'offrir la présidence du comité à un étudiant ou à un citoyen. « C'est un comité qui est géré par les élus et l'imputabilité revient à un élu. Je ne comprends pas où elle s'en va avec ça. »