Trop isolé, le Centre de foires?

« C'est un beau centre de foires accueillant, mais pour les gens qui viennent de l'extérieur, il n'y a pratiquement pas de restos où on peut aller à pied, ni d'hôtels. »
La distance entre le Centre de foires de Sherbrooke et les restaurants et hôtels de la ville a fait sourciller certains exposants du salon Expo habitat, qui se déroulait sur le plateau Saint-Joseph de jeudi à dimanche. C'est notamment le cas de Maude Grenier-Hamel, une exposante qui est descendue de Québec pour l'occasion. Celle-ci dit s'être même demandé, en arrivant sur place, si elle était au bon endroit tellement c'était isolé. « L'hôtel à 10 minutes, ce n'est pas grave pour un salon comme l'Expo habitat, mais pour un congrès international ça ne serait pas super », avance-t-elle.
Une récente étude de marché de la firme Raymond Chabot Grant Thornton fait justement état de la distance entre le Centre de foires de Sherbrooke et les hôtels de la ville, jugeant qu'elle pouvait s'avérer problématique pour l'organisation de certains événements comme des congrès internationaux.
Pour un événement comme Expo habitat, plus que la distance avec les hôtels, c'est plutôt celle avec les restaurants qui semblait agacer les exposants. « On n'a pas vraiment le choix de manger ici », remarque Mme Grenier-Hamel, précisant que les exposants prennent rarement plus de 15 minutes pour aller manger.
L'offre de nourriture sur place au Centre de foires ne faisait pas l'unanimité. « J'ai trouvé ça plate pour les dîners, il manque beaucoup de choix », dit Roxanne Proulx, une exposante de Montréal. Pour celle qui se décrit comme étant « presque végétarienne », il était difficile de trouver quelque chose à manger qui la satisfaisait. Puisqu'elle avait accès à un frigidaire à l'hôtel, elle a préféré faire l'épicerie et s'amener des lunchs que de manger sur place.
Les exposants de l'extérieur n'étaient pas les seuls à être insatisfaits de l'offre alimentaire. « La nourriture offerte au Centre de foires est très bonne, mais les prix sont exagérés », dit pour sa part Danielle Bissonnette, propriétaire de Coffrages isolants D.B., une entreprise de Shefford.
Celle-ci donne en exemple un dîner où une pointe de pizza, des frites et un breuvage lui ont coûté 16 $. « On est exposants, on n'a pas le temps d'aller manger dehors, et il n'y a pas un resto à côté de la porte », dit celle qui a aussi préféré apporter son lunch à quelques reprises.
Pas une nuisance
Le promoteur du salon Sylvain Mathieu concède qu'il serait intéressant que l'offre de restaurants et d'hôtels aux alentours du Centre de foires soit plus étendue, mais il ne croit pas que cela nuise vraiment à l'organisation du salon. « La très grande majorité des exposants viennent de la région, et c'est la même chose pour presque tous les visiteurs », dit-il. Peu de gens dormiraient donc à l'hôtel, et les exposants pourraient apporter un lunch si désiré.
Celui-ci reconnaît toutefois que « le stationnement ne suffit pas » pour un événement comme le sien. Beaucoup de voitures ont été dirigées vers le stationnement de Meubles Léon, où un service de navette les transportait jusqu'au Centre de foires. « C'est sûr qu'il y a seulement quelques gros salons chaque année... tant que Meubles Léon nous accommode, on est contents », a nuancé le promoteur.
Anthony Couture et Stéphane Breton, de l'entreprise Solution idéale, considèrent pour leur part que ceux qui ne sont pas contents des services offerts « font sûrement juste un salon par année ». « Quand tu vas à Val-D'Or, Rouyn-Noranda ou Rivière-du-Loup, c'est bien pire! », lance M. Couture. Son collègue confirme. « Dans des salons de la même grosseur, des fois, il y a juste un restaurant aux alentours et si tu ne l'aimes pas tu dois faire une heure et demie de route. »
Pour ce qui est des prix de la nourriture offerte sur place, Anthony Couture affirme qu'il trouve effectivement cela cher, mais que « c'est partout comme ça » lors des expos.