Travail et efforts récompensés

« C'est vraiment cool de recevoir un prix comme ça. Ça montre que les gens nous remarquent, qu'ils savent qu'on travaille fort et qu'ils veulent nous récompenser pour nos efforts », mentionne, tout sourire, la lauréate d'un Bravo dans la catégorie Défi, Janis Leclerc-Dinelle.
<p> Janis Leclerc-Dinelle</p>
Il faut dire que les efforts et le travail soulignés par son trophée reçu dans le cadre du 13e Gala des Bravos de la CSRS, tenu dimanche au Centre culturel de l'Université de Sherbrooke, représentent de manière éloquente le parcours de la jeune femme de 23 ans.
Cinq ans après avoir abandonné ses études secondaires, cette dernière a entrepris de les compléter à l'école le Goéland tout en étant obligée de continuer à travailler pour subvenir à ses besoins. Un choix qu'elle ne regrette pas aujourd'hui après avoir terminé les 3e, 4e et 5e secondaires en un an et demi.
« Je me suis réveillée un moment donné et je me suis dit que si un jour je veux aller au cégep et à l'université, faire quelque chose de ma vie et ne pas travailler dans un dépanneur tout le temps, il faudrait que j'obtienne mon secondaire, dit-elle. Je pensais que ça allait être plus difficile, mais tous les profs m'ont aidée. »
Si elle se montre particulièrement humble devant sa réussite, Janis Leclerc-Dinelle ne cache pas qu'elle a dû faire beaucoup de sacrifices pour y arriver. « J'ai gratté mes sous, mon conjoint m'a beaucoup aidé et j'ai mangé beaucoup de grilled-cheese et beaucoup de hot-dog », admet-elle en riant.
Qu'à cela ne tienne, comme si le défi de combiner le travail aux études n'était pas suffisamment grand, Janis Leclerc-Dinelle a également dû composer avec la mort de sa mère, qui s'est éteinte des suites d'un cancer généralisé à l'âge de 48 ans. S'avouant rebelle à l'adolescence, celle qui s'est installée à Sherbrooke il y a quatre ans évoque que sa mère est à tout le moins décédée en sachant qu'elle s'était prise en main.
« C'est sûr que j'aurais aimé qu'elle voie mon diplôme, mais au moins elle savait que j'étais à l'école et que je voulais finir mon secondaire », spécifie-t-elle.
Janis Lerclerc-Dinelle se dirige maintenant vers l'enseignement du français au secondaire où elle croit que son parcours éclectique et les expériences qu'elle en a retirées pourront être utiles à ses futurs élèves.
« Je pense que ça aide à redonner des coups de pieds à ceux qui pensent que ça ne donne rien de terminer son secondaire, dit-elle. Il faut le faire d'une manière ou d'une autre parce tu ne peux pas rien faire après. »