Tours de télécommunication: le conseil des maires appuie Bolton-Est

Le conseil des maires de la MRC de Memphrémagog appuie les efforts de la municipalité de Botlon-Est visant à empêcher la compagnie Bell d'installer deux tours de télécommunication de 90 et 76 mètres de hauteur sur son territoire.
<p>Jacques Demers</p>
Réunis en assemblée publique mercredi soir, les maires de la MRC de Memphrémagog ont adopté une résolution d'appui à Bolton-Est. Ils souhaitent plus précisément que Bell élabore une proposition de compromis pouvant satisfaire aux exigences de la municipalité.
Préfet de la MRC, Jacques Demers précise que les maires n'ont pas pour objectif de nuire aux compagnies de télécommunication. «C'est clair par contre qu'ils ne veulent pas qu'on leur impose des choses. Ce qu'on dit, dans le fond, c'est qu'il faut des négociations avec les communautés pour que les projets de tours soient acceptables localement. On désire s'asseoir avec les compagnies», explique-t-il.
M. Demers rappelle que les MRC jouent un rôle déterminant en matière d'aménagement du territoire. Considérant cela, il croit qu'il serait normal de respecter les souhaits du monde municipal lorsque des projets de tours de télécommunication sont soumis.
«Ce qui se passe avec les tours de télécommunication, ça ressemble au dossier des mines. Les municipalités revendiquent plus de pouvoir dans ce domaine aussi. Après tout, l'aménagement du territoire les concerne directement», fait-il valoir.
Mairesse de Bolton-Est, Joan Westland-Eby apprécie l'appui offert à sa municipalité par le conseil des maires. «Ça nous encourage et j'espère que ça donne de la force à nos revendications», mentionne-t-elle.
À Bolton-Est, les tours de télécommunication d'une hauteur supérieure à 20 mètres ne sont pas permises, selon la réglementation municipale. Les compagnies ne sont toutefois pas tenues de se conformer aux règles édictées par les municipalités quand il est question de projets semblables.
«Personnellement, je suis confiante que Bell va nous écouter, indique Joan Westland-Eby. Mais je ne sais pas si, au moment de décider, Bell tiendra réellement compte de notre position.»
Mme Westland-Eby estime que le projet de Bell n'est pas d'une nécessité absolue pour la population de Bolton-Est. «Nous sommes déjà bien desservis en ce qui concerne l'internet et le téléphone. La compagnie souhaite améliorer encore plus le service, mais à quel prix? C'est la question que je me pose», confie la mairesse.
Une pétition
Afin d'obliger Bell à reculer, un regroupement de citoyens a commencé à recueillir les signatures des résidents opposés au projet de la compagnie. Près de 200 personnes ont jusqu'à présent signé la pétition qui circule.
«Notre première réaction a été de penser que le paysage serait défiguré, indique April O'Donoughue, qui est à l'origine de la pétition avec un petit groupe de personnes. Ensuite, on a découvert les effets sur la santé et la faune des micro-ondes émises par les antennes. C'est préoccupant.»
Député de Brome-Missisquoi, Pierre Jacob dénonce pour sa part le comportement de certaines entreprises du secteur des télécommunications. «Elles sont souvent guidées par le profit. La santé, la sécurité et le reste ne les préoccupent pas beaucoup», lance-t-il.
Le Nouveau parti démocratique aurait aimé que le gouvernement fédéral resserre, dès 2012, les règles auxquelles sont soumises les entreprises. Mais ses efforts en ce sens ont échoué.
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