Tarifs d'électricité : les stations de ski veulent de l'appui

Les stations de ski du Québec consomment beaucoup d'électricité. Les hausses de tarifs imposées par Hydro-Québec, ces dernières années, leur ont donc fait mal. Pas étonnant dans ce contexte de voir l'Association des stations de ski du Québec (ASSQ) faire irruption dans la campagne électorale provinciale.
Procédé réclamant beaucoup d'énergie, la fabrication de neige artificielle engendre des coûts élevés. La facture reliée à cette activité s'élèverait à quelques centaines de milliers de dollars par année dans le cas des plus importantes stations de ski du Québec. Jusqu'à 60 pour cent de la consommation d'électricité de ces entreprises serait liée à cette activité précise.
De l'extérieur, la fabrication de neige peut sembler accessoire. Mais il n'en est rien. Les centres de ski ont besoin de fabriquer de la neige si elles espèrent demeurer compétitives. «C'est essentiel pour elles», affirme le président-directeur général de l'ASSQ, Yves Juneau.
À une autre époque, les «stations profitaient de tarifs d'électricité spéciaux», souligne M. Juneau. Puis, il y a une quinzaine d'années, ce privilège leur a été retiré. Elles ont depuis vu leur facture d'électricité grimper en moyenne de 10 à 12 pour cent par année. Cette hausse soutenue a aujourd'hui des impacts.
Selon l'ASSQ, les stations paient en moyenne 0,14 $ pour chaque kilowatt/heure (kWh) fourni par Hydro-Québec. Certaines seraient même confrontées à des tarif dépassant les 0,20 $ par kWh.
La situation est d'autant plus préoccupante pour l'industrie du ski que le coût de l'électricité est appelé à croître encore davantage durant les années à venir.
Également, l'ASSQ a le sentiment que ses membres n'ont pas droit à un traitement équitable puisque des entreprises compétitrices situées en Nouvelle-Angleterre profitent de tarifs plus avantageux.
«On sait que le Québec vend de l'électricité aux États-Unis et qu'une partie de ce que consomment les stations américaines peut provenir d'ici. C'est particulier de savoir que ça leur coûte quand même entre 0,10 et 0,11$ du kWh là-bas. Nous, ce qu'on aimerait, c'est d'être à parité avec nos compétiteurs au sud de la frontière. Ça nous donnerait la chance de respirer», explique M. Juneau.
Des engagements?
Le président-directeur général de l'ASSQ indique que son organisation souhaite connaître les engagements des partis politiques provinciaux concernant les tarifs d'électricité auxquels sont soumis ses membres.
«Le Parti québécois a récemment dit qu'il voulait développer le tourisme hivernal grâce à l'utilisation des surplus d'électricité. Ça nous a donné le goût d'interpeller tous les partis par rapport aux tarifs d'Hydro-Québec», confie M. Juneau.
À l'occasion d'une activité organisée par la Chambre de commerce et d'industrie Magog-Orford, quatre des cinq candidats aux élections dans la circonscription d'Orford ont réagi aux demandes de l'ASSQ plus tôt cette semaine. On a globalement senti que les candidats avaient bien reçu les demandes de l'organisme.