Sylvie Roy

Sylvie Roy se dit victime d'une campagne de salissage

Sylvie Roy qualifie de « campagne de salissage » les allégations de la Coalition avenir Québec (CAQ) voulant qu'un grave problème de comportement soit la principale raison pourquoi elle a décidé de tourner le dos au parti mercredi.
Le député d'Arthabaska a indiqué ne pas être surprise outre mesure par les attaques dont elle est victime, puisque Gérard Deltell a reçu le même traitement lorsqu'il a choisi de joindre les rangs des conservateurs et que son chef, François Legault, l'aurait avertie.
« Je m'y attendais, il m'a dit : "tu veux faire mal à la CAQ, on va te faire mal". M. Legault est vindicatif et là, il commence à être nerveux. Plus il est nerveux, plus il est en colère », a affirmé la politicienne d'expérience en rencontre de presse.
Comme l'avait prédit la CAQ, Mme Roy a nié avoir quelque problème d'alcool que ce soit. Elle croit qu'il s'agit d'un stratagème pour lui faire payer son départ de la Coalition.
« S'ils voulaient que je parte, ils m'auraient félicité. Je les mets au défi de trouver une photo de moi avec un verre de vin. Je ne bois que de l'eau. Le seul député qui fait la même chose est (Jacques) Duchesneau », a-t-elle prétendu.
La politicienne s'est dite choquée que François Bonnardel l'ait rencontrée en privé afin de lui proposer de l'aide pour une problématique d'alcoolisme. Ce serait l'élément déclencheur de sa démission.
« Qu'il s'occupe de son parti, je vais m'arranger avec mes affaires. Je ne me sentais plus capable d'affronter mes collègues dans le cadre d'un colloque. Je respecte mes anciens collègues, mais nos chemins se sont séparés, c'est tout », a-t-elle dit.
Selon le chef de la CAQ, la situation personnelle de la députée est un « drame humain » qui dépasse la sphère du débat politique. Il maintient que sa formation politique a tenté de lui venir en aide à plusieurs reprises, mais que Mme Roy a refusé de saisir les mains tendues. Or, de l'avis de François Legault, les plaintes s'accumulaient contre la députée.
« Au cours des derniers mois, je dirais les six derniers mois, plusieurs de ses collègues députés de la CAQ sont venus me voir pour se plaindre du comportement de Sylvie », a-t-il relaté.
« Elle avait des problèmes de comportement, beaucoup d'absences à des rencontres autant dans sa circonscription qu'à l'Assemblée nationale. Comme je vous dis, ce n'était pas un ou deux mais plusieurs collègues et employés qui sont venus se plaindre à tour de rôle dans mon bureau de son comportement », a-t-il raconté.
Un membre de la garde rapprochée du chef de la CAQ a affirmé hier dans les réseaux sociaux que Mme Roy avait un problème de consommation d'alcool, un message qui a été retiré par la suite.
M. Legault n'a pas voulu commenter cette allégation.
« Je ne suis pas médecin et je ne veux pas rentrer là-dedans », a-t-il dit.
Plus de temps
Sylvie Roy justifie sa décision de quitter la CAQ par une volonté d'obtenir les coudées franches pour mieux servir le Québec et sa circonscription d'Arthabaska. Selon elle, les exigences du parti étaient telles qu'elles n'avaient plus suffisamment de temps pour assister aux rencontres importantes dans sa circonscription et pour piloter les dossiers qui lui tiennent à coeur.
« Je voulais retrouver ma liberté d'expression et reprendre mes dossiers. Je veux pouvoir talonner le gouvernement sur le dossier de l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska sans devoir demander la permission. Je voulais aussi pouvoir gérer mon agenda, la CAQ me demandait de toujours être à Québec et tout ce temps-là était perdu », a-t-elle continué.
Mme Roy affirme ne pas avoir songé un seul instant à démissionner de son poste de députée afin d'encaisser une lucrative prime de départ. Elle a la ferme intention de terminer son mandat et n'écarte pas la possibilité d'en solliciter un autre.
Des maires irrités par l'absentéisme de la députée
Puisqu'elle est toujours en poste à titre de députée, rares sont ceux qui ont accepté de confirmer ouvertement les écarts de conduite des derniers mois de Sylvie Roy. Ils ont été toutefois nombreux à donner des exemples de son manque d'efficacité des derniers mois sous le couvert de l'anonymat.
« Tant à la CAQ qu'à l'ADQ, Sylvie n'était pas une personne avec qui il était facile de travailler. Elle était souvent absente à l'Assemblée nationale et il fallait constamment la remplacer en commission parlementaire », a indiqué un ancien collègue amer.
Il est même arrivé que certains de ses collègues députés aient à la représenter dans la circonscription d'Arthabaska où son absentéisme a fait bondir plusieurs maires et mairesses. Au moins quatre maires et mairesses des MRC d'Arthabaska et de l'Érable ont confirmé à La Tribune avoir une relation tendue avec la politicienne et avoir de la difficulté à obtenir une oreille attentive lorsque vient le temps de présenter un projet.
« Disons que nous n'avons pas la relation la plus cordiale et que nous avons déjà obtenu plus de la collaboration de la part d'une élue», s'est contenté de dire un maire.
- Avec La Presse Canadienne