Supporter la pression

L'haltérophile sherbrookois Pascal Plamondon en sera à ses premiers Jeux du Commonwealth au cours des prochains jours à Glascow, en Écosse. Ça ne l'empêche pas de viser haut, très haut, et de se voir revenir la médaille d'or au cou la deuxième semaine d'août.
« C'est sur que je me mets de la pression pour la médaille d'or, surtout que celui qui est devant moi sur la liste n'est qu'à quelques kilos de moi. Il va falloir que je me plante vraiment pour l'échapper », soutient Plamondon.
Comment lui reprocher? L'athlète de 21 ans a terminé au deuxième rang de sa catégorie l'an dernier et vient de fracasser le record canadien de 155 kg à l'arrachée, vieux de huit ans, en soulevant 156 kg. Son entourage dit qu'il aurait pu faire de même à l'épaulée-jetée si un petit problème de genou ne l'avait pas amené à s'épargner.
« Faudrait que ça n'aille pas bien ou qu'il y ait de grosses surprises pour ne pas qu'il obtienne une médaille, consent son entraîneur Gilles Poirier. Il devrait être top 3. »
Du 23 juillet au 3 août, Plamondon fera partie d'une délégation estrienne comportant cinq autres Sherbrookois et Sherbrookois d'adoption en Écosse. En temps normal, les athlètes sont quelque peu frileux de dévoiler leur ambition, de peur de s'attirer un mauvais sort ou simplement de s'imposer trop de cette fameuse pression qui peut parfois les étouffer pendant une compétition. Pascal Plamondon a simplement une façon différente de concevoir la compétition.
« C'est pas trop de pression non plus, nuance le Sherbrookois. Et je ne veux pas vendre la peau de l'ours avant de l'Avoir tué. C'est quand même un des plus gros jeux (Commonwealth) avec les panaméricains et les jeux Olympiques. Ça va être la plus grosse compétition à laquelle je vais avoir participé avec les Championnats du monde et j'ai des chances de médaille. C'est une chance que j'ai. »
Et ne comptez pas sur son entraîneur Gilles Poirier pour freiner les ardeurs de son protégé. Même lors d'une entrevue téléphone, on sent les yeux de ce dernier s'illuminer lorsqu'il est question de Pascal Plamondon, qu'il a initié à l'haltérophilie pendant son passage à l'École Saint-François.
« C'est le meilleur athlète que j'ai recruté de ma carrière d'entraîneur et il a une bonne attitude, lance d'emblée Gilles Poirier.
« Il a commencé à l'octobre 2006 et en mars 2007 il gagnait déjà des médailles aux Provinciaux. Il a seulement 21 ans et il y a encore beaucoup de place à la progression. Il pourrait soulever 20kg de plus d'ici trois ans. »
Et les Jeux Olympiques ?
Si Pascal Plamondon et son entraîneur démontrent autant de confiance à l'aube des Jeux du Commonwealth, ils ne cachent pas que la tâche sera tout de même extrêmement ardue pour participer aux Jeux Olympiques de Rio de Janeiro, qui auront lieu en 2016.
« Pascal est dans les trois candidats qui pourraient passer en 2016, mais en raison de différentes réglementations dans notre discipline, c'est difficile de classer plus qu'un gars au Canada toutes catégories confondues pour les Olympiques. C'est le meilleur qui y va et pour l'instant il est deuxième au pays toutes catégories confondues. Le but c'est de finir en tête et il a deux ans et le potentiel pour le faire », croit cependant Gilles Poirier.
« C'est mon but ultime, confie le principal intéressé. C'est ce que je veux faire dans deux ans. S'il arrive une malchance, on va viser les jeux de 2020, mais c'est ce que je veux faire le plus. »
Parions qu'il saura faire avec cette pression supplémentaire.