Steve Tremblay

Siège au centre-ville: Steve Tremblay retourne en psychiatrie

C'est avec un homme qui se prenait pour Jésus que le Service de police de Sherbrooke a dû composer lors de son intervention de mercredi.
<p>Gaétan Labbé</p>
«Cet homme était complètement désorganisé. Il disait aux policiers qu'il allait s'immoler et que s'il ne s'en sortait pas vivant, il ne serait pas seul. Il n'était pas évident de créer un contact avec lui», explique le directeur du SPS, Gaétan Labbé. Ce dernier trouve «aberrant», que Steve Tremblay ait été libéré seulement une heure après son admission au département de psychiatrie du CHUS. Le prévenu a passé la nuit en détention au quartier général du SPS avant d'être amené devant le tribunal, jeudi  après-midi, devant le juge Paul Dunnigan de la Cour du Québec.
L'homme de 41 ans est d'ailleurs retourné au 7e étage du CHUS Hôtel-Dieu sur demande de son avocate Me Jessica Duval. Le procureur aux poursuites criminelles Me André Campagna a déposé des accusations d'incendie criminel, de méfait, de menaces de mort à l'endroit des policiers, de voies de fait armée ainsi que le possession de substance incendiaire.
Sa comparution a été reportée au 6 mars prochain, le temps qu'il soit évalué concernant son aptitude à faire face au processus judiciaire.
Problèmes de santé mentale
Les patrouilleurs du SPS doivent composer toutes les semaines avec des individus en proie à des crises causées par leurs problèmes de santé mentale. «Nous tentons de faire notre travail du mieux possible dans ce contexte. Nous réclamons du support depuis de nombreuses années en matière de santé mentale. Ces inquiétudes ont été manifestées à de nombreuses reprises au sein de l'Association des directeurs de police. Ça demeure un problème important au Québec depuis que l'on parle de désinstitutionnalisation», relate Gaétan Labbé.
Le siège de mercredi dernier n'est qu'un exemple de situations qui ont dégénéré avec des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale. Le directeur du SPS souligne la collaboration de ses hommes avec les pompiers de Sherbrooke qui a permis d'éviter le pire.
Gaétan Labbé explique que le temps n'est pas un facteur à considérer lors de pareilles interventions, même si les policiers ont dû bloquer l'artère principale de Sherbrooke pendant douze heures et que des milliers de $ ont été dépensés en temps lors de cette opération policière.
«Le temps joue souvent en faveur des policiers dans semblable situation. Tant que nous étions en contact avec lui, il n'y avait pas lieu d'utiliser la violence. Nous avons trois priorités, soit préserver la vie de l'individu désorganisé, que nos policiers interviennent de la façon la plus sécuritaire possible et préserver l'environnement. Cet individu a résisté jusqu'à la fin. Il avait des cocktails Molotov en sa possession et a aspergé les policiers de poivre de Cayenne. Nos membres du GI ont dû utiliser une arme d'impact pour le maîtriser», explique le directeur du SPS.