Sherbrooke Elementary School: des plaintes seront déposées

Des citoyens qui s'opposaient à la coupe d'arbres à l'école Sherbrooke Elementary School poursuivent leur combat. Cette fois, ils s'en prennent aux agissements des travailleurs et des policiers.
Dans une lettre envoyée à La Tribune, Sébastien Bergeron relate certains événements qui se seraient produits sur le site avant l'arrivée des policiers. Il indique notamment que l'opérateur sur le chantier l'a menacé de voies de fait.
«Lorsque je me suis retourné pour partir, il m'a crié d'un ton trop juvénile : enweille, viens te battre! Tapette!», peut-on lire dans sa lettre. M. Bergeron rapporte également que l'opérateur de la pelle mécanique aurait tenté d'effrayer délibérément une manifestante en envoyant des branches d'arbre en sa direction.
Du côté du Service de police de Sherbrooke (SPS), on indique que «le dossier est clos». La manifestante qui se tenait près du chantier en signe de protestation a tenté de déposer une plainte pour agression armée, le lendemain, au poste de police, où on lui a indiqué que la déposition serait rejetée.
«Oui, il y a eu des branches d'arbre qui sont passées près d'elle, mais on ne peut pas parler d'agression armée», explique-t-on du côté du SPS.
Toujours selon le corps policier, les agents dépêchés sur place ont jugé qu'il n'y avait aucune matière à plainte et que les travailleurs avaient averti les citoyens de s'éloigner du chantier de construction.
Du côté de la compagnie Daniel Bolduc Excavation, on juge que toute cette histoire prend des allures démesurées. Le propriétaire Daniel Bolduc n'a pas voulu commenter outre mesure les reproches des citoyens, plaidant que les gens n'étaient pas en droit de se trouver à cet endroit sur le chantier.
C'est effectivement le cas. Le Code de la santé et de la sécurité du travail stipule cependant qu'il incombe à l'opérateur du chantier de s'assurer que l'accès soit révoqué aux personnes qui n'y travaillent pas.
Jeudi, une barrière a été installée autour du chantier.
Lors du passage de La Tribune sur le chantier de l'école Sherbrooke Elementary School, plusieurs personnes se tenaient à l'intérieur du périmètre permis, qui n'était délimité par aucun repère visuel. C'est après des discussions animées avec les manifestants que les travailleurs ont exigé qu'ils s'éloignent du périmètre du chantier.
Le Code n'oblige donc pas le contractant à délimiter clairement le périmètre du chantier pourvu que la responsabilité du contrôle de l'accès soit assurée par l'opérateur. Reste que selon les allégations citoyennes obtenues, les travaux se seraient poursuivis même en présence de gens tout près de la coupe des arbres.
La Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) a été avisée de la situation et jeudi, une barrière a été installée autour du chantier.
Plusieurs citoyens comptent maintenant entamer des procédures contre l'entreprise. Une plainte pour menace et intimidation sera notamment déposée à la Régie du bâtiment du Québec par M. Bergeron et une autre a déjà été déposée en déontologie policière par une autre protestataire, mais il avise que plusieurs autres dossiers sont présentement sur la table.