Sherbrooke : je me souviens

Une caserne de pompiers sherbrookoise en 1898, le Carrefour de l'Estrie l'année de sa construction, l'imposante bâtisse de la Co-op qui s'élevait à l'endroit où se trouve maintenant le Times... toutes ces images, et bien d'autres, sont réunies sur la page Facebook nommée «Vous souvenez vous dans le temps à Sherbrooke», qui compte déjà plus de 4100 adeptes quelques semaines après sa création.
C'est le Sherbrookois Yanick Demers qui a décidé de démarrer cette page. «Je suis un amateur d'histoire, mais pas d'histoire conventionnelle. Ça ne m'intéresse pas vraiment de savoir qui était le premier maire de Sherbrooke... j'aime plutôt les anecdotes, la vie de quartier, de paroisse», explique-t-il.
M. Demers invite les gens à fouiller dans leurs albums photos, boîtes à souliers et coffrets à souvenirs pour retrouver d'anciennes photos de la ville. Lorsqu'il les reçoit, il les met en ligne sur sa page, et les internautes sont invités à les commenter, à échanger des souvenirs autour de celles-ci.
Dans ce que M. Demers appelle «la petite histoire populaire», les lieux où l'on se réunissait en famille retiennent particulièrement l'attention. C'est le cas notamment d'endroits qui sont totalement disparus sans laisser de traces, comme le cinéma Belvédère, ou encore... des cantines! «Tout le monde parle du Louis Luncheonnette sur la page. Ça m'a surpris de voir à quel point les gens y sont attachés!» donne-t-il en guise d'exemple.
Partant du principe que «tout le monde a quelque chose à raconter», M. Demers accueille avec enthousiasme les différentes soumissions. La page est rendue si vaste, avec les photos et les commentaires, que l'on peut y passer plusieurs heures. «C'est là qu'on voit que les Sherbrookois sont vraiment attachés à leur ville!», se réjouit M. Demers.
Rapprocher les générations
Celui qui reçoit une quinzaine de messages privés chaque jour dit avoir entendu plusieurs histoires fort touchantes à la suite de la création de sa page. «C'est ce que je trouve le plus beau : ça rapproche les générations, lance-t-il. J'ai souvent des messages de jeunes qui me disent qu'ils amènent leur tablette électronique chez leurs grands-parents et qu'ils regardent les photos et en parlent avec eux.»
Le Sherbrookois est donc responsable de récentes réunions de famille, durant lesquelles on s'est réunis pour numériser des photos en parlant du passé. «C'est valorisant pour la personne âgée de partager ses connaissances, et c'est le fun pour le jeune de voir que ses grands-parents ont fait autre chose qu'être au foyer», affirme M. Demers. Lui-même s'est considérablement rapproché de son père depuis la création de la page, alors qu'il l'appelle plusieurs fois par jour pour lui demander des informations. En guise de retour du balancier, lorsqu'il se promène en ville, celui qui a grandi dans l'est de Sherbrooke partage ses souvenirs avec ses deux filles.
M. Demers consacre deux ou trois heures par jour à cette communauté virtuelle. «J'aime bien ça. En revenant de travailler, au lieu d'ouvrir la télé, je fais mes choses sur la page», dit-il.
On peut accéder à la page en tapant «vous souvenez vous dans le temps à Sherbrooke» dans le moteur de recherche de Facebook.