Service ambulancier: une page d'histoire tournée à La Patrie

Après plus de 50 ans à la tête d'Ambulance des Appalaches, la famille Gaudreau de La Patrie a décidé de passer le volant. Avec la récente vente de l'entreprise à Dessercom, c'est un simple changement de propriétaire qui s'opère, et non pas un déménagement ou une fermeture, assure Sylvie Gaudreau.
« C'est juste que je me lève de ma chaise pour que quelqu'un d'autre s'assoie dessus. Moi j'ai fait mon temps, c'est très dur physiquement », explique celle qui ne faisait plus de « terrain » depuis cinq ans.
Seule la maison familiale jouxtée au garage subira une métamorphose afin de devenir une véritable caserne. Le rez-de-chaussée accueillera les bureaux, tandis que le premier étage sera rénové afin d'héberger les employés à temps partiel. Et c'est au sous-sol que Dessercom compte faire la formation de ses employés estriens.
Pour le reste, « c'est le même camion, les mêmes gens qui sont dedans », promet Mme Gaudreau.
« Ce que les gens ne veulent pas, c'est que l'ambulance s'en aille, mais elle ne s'en ira jamais », garantit-elle.
Une histoire de famille
Il faut dire qu'Ambulance des Appalaches est bien ancrée à La Patrie. Depuis sa création au début des années 1950 par son père, Bertrand Gaudreau, plusieurs membres de la famille ont conduit la fameuse ambulance, dont la conjointe de M. Gaudreau, Ruth, et leur fils Gaétan Gaudreau, maintenant courtier immobilier chez Remax à Sherbrooke.
« Au début, c'était un station wagon que mon père avait transformé en ambulance. Dans le temps, c'était presque du bénévolat, il n'y avait pas encore de normes », raconte Mme Gaudreau.
Gaétan Gaudreau a d'ailleurs effectué ses premiers raccompagnements alors qu'il n'avait même pas 18 ans.
Lorsque le gouvernement a décidé de régir le transport ambulancier, en 1972, M. Gaudreau s'est adapté. « C'est là que la compagnie s'est incorporée. On fonctionnait avec des petites subventions », ajoute-t-elle.
Après 25 années passées à la tête de l'entreprise familiale, l'heure de la retraite a donc sonné pour Sylvie Gaudreau. Néanmoins, pas question de vendre à n'importe qui.
« Je n'ai pas choisi de vendre juste comme ça. Dessercom, c'est une grosse compagnie, mais ils ont des petits points de service un peu partout. Ce sont des gens qui traitent bien leurs employés », précise-t-elle.
En Estrie, Dessercom sert aussi Asbestos, Lac-Mégantic et Windsor.