Sécuritaire, circuler en quadriporteur?

Les usagers des aides à la mobilité motorisées (AMM) sont-ils en sécurité sur les trottoirs de l'Estrie? Certains usagers expérimentent au quotidien les difficultés d'y circuler. C'est le cas de Louisa Lafleur qui cible l'intersection des rues King Est et Saint-François comme un secteur dangereux. «
Samedi dernier, un homme circulant en quadriporteur l'a échappé belle à Magog alors qu'un camionneur a accroché tout le devant de son véhicule. L'enquête a permis de comprendre que l'incident ne résultait pas d'une négligence ou d'une infraction au Code de la route, simplement du fait que le conducteur n'a jamais aperçu le quadriporteur en raison de l'écart de hauteur entre les deux engins.
« Il serait bon que M. Sévigny et les élus se louent chacun un quadriporteur et prennent une heure de leurs temps afin de circuler sur nos trottoirs et dans nos rues. Ils comprendraient les dangers que les utilisateurs rencontrent en circulant et pourraient évaluer les besoins réels », souligne Mme Lafleur. Elle cite la ville de Copenhague en exemple afin de démontrer qu'une cohabitation entre véhicules, vélos, piétons et AMM est possible : la capitale du Danemark a aménagé de larges pistes cyclables délimitées par une peinture bleue au sol. Par le fait même, le nombre d'accidents de la route a chuté dans la ville.
Dans son Avis de santé publique sur la circulation des aides à la mobilité motorisées sur le réseau routier publié en mai 2011, l'Institut national de santé publique (INSPQ) notait que « leur utilisation est en nette croissance en raison du vieillissement de la population et parce que de plus en plus de personnes aptes à marcher ou en bonne santé les utilisent ».
Des piétons
Pour l'instant, leurs usagers sont considérés comme des piétons par le code de la sécurité routière, ils sont donc tenus de circuler sur les trottoirs ou les pistes cyclables, une situation problématique lorsque l'entretien de ces installations laisse à désirer ou que l'espace est plus restreint.
Mme Lafleur encourage la Ville à considérer le travail accompli à Copenhague quand viendra le temps de revoir les normes d'urbanisme des rues de Sherbrooke afin de tenir compte de l'importance d'infrastructures adaptées à la présence grandissante des AMM sur le réseau.