La professeure Hélène Jobin a aidé le jeune William Nadeau à briser le cercle de l'intimidation qui a tendance à prendre de l'ampleur quand rien n'est fait.

Sauvé de l'intimidation par sa professeure

Le jeune William Nadeau doit une fière chandelle à l'une de ses enseignantes pour l'avoir sorti d'une situation où il était victime d'intimidation. Informée du contexte, Hélène Jobin est intervenue auprès de ses agresseurs. La discussion s'est avérée fructueuse.«Il y a deux garçons qui me traitaient de tête de zèbre à cause que j'avais une tuque rayée. Mme Jobin est venue les voir avec moi pour leur dire d'arrêter. Ils ont arrêté depuis ce temps-là», a raconté l'élève de quatrième année à l'école Le Manège de Victoriaville.
Selon l'enseignante, c'est l'avant-gardisme de la directrice de l'école primaire, Johanne Trempe, qui a permis de régler la problématique. Même avant le suicide de Marjorie Raymond en 2011, cette jeune fille de Sainte-Anne-des-Monts dont la mort avait secoué tout le Québec en 2011, elle planchait déjà sur un plan d'action visant à réduire les cas d'intimidation entre les murs de son institution. C'est dans le cadre d'un atelier sur le sujet que le jeune William a pris son courage à deux mains et a décrié la situation.
«La direction a fait tout un travail pour clarifier ce qu'est l'intimidation et elle lui il a dit qu'il était victime d'intimidation devant tous ses camarades de classe. J'ai salué son courage et nous sommes allés rencontrer les jeunes concernés dans la cour de récréation. J'ai travaillé sur leur attitude, dans le pacifisme», explique Hélène Jobin.
Comme elle s'y attendait, l'enseignante s'est d'abord butée à de la négation. Elle savait toutefois que ces élèves avaient un potentiel d'intimidation. Après être intervenue, elle a gardé l'oeil ouvert. Il semble qu'il n'y ait pas eu d'autre épisode depuis.
«Ils disaient que ce n'était pas vrai. Ils sont intelligents, ils connaissaient la situation. D'autres jeunes ont également dit avoir eu affaire à eux et avoir été victimes d'intimidation. Ça ne faisait pas de doute», ajoute Hélène Jobin.
La clé : la dénonciation
Encore aujourd'hui, les enseignants de l'école Le Manège sondent leurs élèves de façon impromptue afin de découvrir s'ils sont victimes d'intimidation, leur offrant ainsi sur un plateau d'argent la possibilité de dénoncer une situation. Cette technique est fort efficace puisqu'elle ne permet pas aux agresseurs de prévoir le coup.
Mme Jobin espère que l'histoire de William Nadeau inspirera les autres jeunes de son école et les convaincra de dénoncer plutôt que de vivre dans l'angoisse.
«J'ai l'impression qu'il y a un chemin de dénonciation qui s'est ouvert. Les élèves se sont aperçus que c'est lorsqu'on ne fait rien que la situation prend de l'ampleur», statue-t-elle.