S'armer contre le cancer du sein

Une conférence de presse empreinte d'émotions. On retient des larmes. Les voix chambranlent. Les accolades réconfortent. Le mot cancer fait mal à dire, il rappelle trop de mauvais souvenirs. Cette maladie maudite qui touche trop de gens.
Comme France Couillard qui en a subi les foudres à trois reprises. Ces quelques années sombres l'auront transformée en une femme extraordinaire qui resplendit aujourd'hui.
«Le fait de l'avoir détecté si hâtivement fait que je suis encore ici pour en parler. Quand j'ai appris pour le deuxième cancer, ça a été très difficile, à peine je sortais de la maladie que je retombais dedans. La troisième fois, ça a vraiment eu l'effet d'un tsunami sur mon moral. Je veux que mon témoignage soit un message d'espoir pour les femmes qui vivent la même épreuve», explique la survivante.
En 2013, 6000 Québécoises ont eu à vivre le même tourment, 1350 en sont malheureusement décédées. Les hommes n'échappent pas à cette maladie, eux qui représentent 1 % des diagnostics.
C'est pourquoi la Virée Rose débarque à Sherbrooke jusqu'à dimanche. Une halte qui permettra à la population de prendre part à la plus grande initiative jamais réalisée en sensibilisation et en éducation à la santé du sein au Québec.
Le VR, d'un rose éclatant, parcourra plusieurs stationnements en Estrie afin d'éduquer les femmes sur le fléau que représente la maladie
«On a conduit deux campagnes de sensibilisation par le passé, mais avec celle-ci, on veut donner le pouvoir aux femmes. On veut les inciter à l'action, à se prendre en main. On a déterminé qu'aller à la rencontre des gens était le moyen de communication le plus efficace, surtout avec un VR aussi coloré, ça pique la curiosité», mentionne Francine Cléroux, présidente-directrice générale de la Fondation du cancer du sein du Québec.
À l'intérieur du véhicule, on retrouve des questionnaires pour tester nos connaissances sur la maladie, des prothèses présentant des anomalies pouvant indiquer la présence d'un cancer, une vidéo explicative et une station photo pour répandre la cause. Les visites sont assurées par une équipe d'ambassadrices, dont Émilie Desjardins fait partie.
«Personne dans ma famille n'est touché par le cancer du sein et c'est ma motivation. Je veux que plus de gens soient comme moi, que personne n'ait à vivre ça.»
Autour de la maladie gravitent des mythes qui biaisent la perception des gens.
«Souvent on pense qu'on est immunisé si on fait notre mammographie aux deux ans, mais ce n'est pas le cas», pointe Émilie Desjardins
«Près de 18 % des cancers sont diagnostiqués chez des femmes de moins de 50 ans qui ne sont pas prises en charge par le programme de dépistage. En restant sans cesse proactive avec le dépistage préventif, on s'expose à un traitement moins invasif et on augmente nos chances de survie parce que le cancer aura été décelé plus tôt», ajoute Francine Cléroux.
La proaction, le mot à retenir.
La Virée Rose sera de retour en Estrie les 8 et 9 août pour visiter le stationnement du Carrefour de l'Estrie entre autres. Pour connaître les dates et lieux des visites, consultez le www.observationdesseins.org.