Santé mentale: la situation ne s'améliore pas

Le CSSS-IUGS est confronté à un problème d'organisation des services en santé mentale.
Après avoir investi pendant trois ans des efforts en ressources humaines avec des assignations temporaires à raison de 235 000 $ par année pour réduire la liste d'attente en santé mentale, le CSSS-IUGS constate que la situation ne s'est pas améliorée. La liste d'attente compte encore 295 personnes.
« Nous sommes conscients du problème d'accessibilité en santé mentale. Une personne en crise peut cependant bénéficier de services immédiats. Ce sont les personnes en priorité deux ou trois qui peuvent attendre jusqu'à une année. Nous pouvons comprendre l'inquiétude de notre personnel vis-à-vis cette situation. Nous sommes convaincus qu'ils font le maximum pour assurer un service de qualité », soutient la directrice des services aux adultes au CSSS-IUGS, Andrée Duquette.
Le siège de 12 heures au centre-ville de Sherbrooke où un homme souffrant de problèmes de santé mentale empêchait l'accès à son logement aux inspecteurs municipaux n'est qu'un exemple parmi de nombreux cas.
L'équipe multidisciplinaire en santé mentale au CSSS-IUGS compte 35 professionnels. Depuis trois ans, ce nombre avait été augmenté pour l'équivalent de huit postes à temps complet pour tenter de résorber la liste d'attente. À compter du 31 mars 2014, le CSSS-IUGS reviendra à l'intérieur de ses paramètres budgétaires.
« Ce sont des budgets non récurrents qui nous permettaient d'ajouter du personnel pour venir à bout de la liste d'attente. Nous faisons le constat que malgré les efforts, nous n'avons pas réussi à en venir à bout. Maintenant, il faut travailler à réorganiser les services de façon à régler la situation », soutient Mme Duquette.
Pour réussir cette réorganisation des services en santé mentale, le CSSS-IUGS a demandé l'aide du Centre national d'excellence en santé mentale.
« Il faut voir à travailler de meilleure façon avec nos partenaires que sont le CHUS, le réseau local ou ceux de 2e ligne. Il faut voir comment répartir la clientèle au bon endroit. Nous sommes en train d'analyser la situation. Il faut trouver de nouvelles façons de faire à l'intérieur des budgets qui nous sont allouées », explique Mme Duquette du CSSS-IUGS.
La responsable politique pour l'Estrie à l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), Lise Brouillette, qui représente les employés qui offrent le service en santé mentale au CSSS-IUGS, explique que ces employés qui travaillent sur l'équipe en assignation temporaire demandaient qu'au moins six de ces postes soient convertis en postes permanents.
« Ce sont des coupures parce que des personnes qui occupaient des postes permanents vont quitter pour des périodes prolongées. Les employés en assignation temporaire vont les remplacer, mais leurs postes ne seront pas comblés. La démonstration est faite que ces postes en surcroit sont requis. Au bout du compte, c'est le service à la population qui sera touchée », prévient Mme Brouillette.
L'APTS se demande comment les services à la population pourront se maintenir avec moins de personnel sur le terrain.
« La liste d'attente est longue et la charge de travail en santé mentale est importante pour les intervenants en place. Ce sont les suivis de groupe et individuels qui seront touchés. On vient couper encore, alors qu'il y a un manque important de service. C'est inacceptable », estime Lise Brouillette.
Elle rappelle que la clientèle en santé mentale est vulnérable.
« Une diminution des services aura certainement des impacts sur l'augmentation de la judiciarisation, de la détresse des familles et des cas qui se retrouvent à l'hôpital. Il est de loin préférable que les cas en santé mentale soient traités dans le milieu », considère Lise Brouillette qui est régulièrement en contact avec les équipes du CSSS-IUGS.
Andrée Duquette assure que tout est mis en oeuvre pour qu'aucun usager ne se retrouve orphelin de services durant cette réorganisation.
« Nous allons continuer à accompagner ces gens. Une conseillère clinique travaille à suivre les usagers. Personne ne va tomber entre deux chaises. Les suivis de groupe ont notamment été mis de côté pour le moment et nous cherchons à réorganiser les suivis individuels », indique la directrice du service aux adultes au CSSS-IUGS.
Andrée Duquette rappelle que la santé mentale est l'un des programmes sous financé avec les problèmes de dépendance et les déficiences intellectuelles au ministère de la Santé et des Services sociaux.
« Nous sommes très préoccupés par notre offre de service à la population. Nous cherchons des solutions », assure Mme Duquette.