Sylvie Bernier

Santé: les élus ont un rôle énorme, dit Sylvie Bernier

« Le rôle des élus municipaux est énorme sur la santé des citoyens et leur façon de développer de saines habitudes de vie, par leurs décisions dans le développement de leur municipalité. Non seulement ils doivent en être bien conscients, mais ils doivent aussi donner l'exemple. Je leur dis qu'ils sont un modèle pour leur population et qu'ils ne doivent pas attendre 5 ans avant de se mettre eux-mêmes en action! »
C'est en gros le message qu'est venu livré mercredi  la médaillée d'or en plongeon des Jeux olympiques de 1984, Sylvie Bernier, à titre d'ambassadrice de « Québec en forme », lors d'une allocution présentée devant la Conférence des élus de l'Estrie (CRÉE).
Traçant d'abord un portrait plutôt sombre quant à l'avenir de la jeune génération, avec la malbouffe et la sédentarité, Mme Bernier a coloré son propos d'un exemple plutôt frappant, avec l'impact de la consommation d'une liqueur ou boisson sucrée par jour pour un jeune. « Ces 12 cuillères de sucre dans chaque boisson se transforment au bout d'un an en une caisse de 42 livres de sucre », a-t-elle lancé, tout en exhibant au bout de ses bras la charge que cela représente.
Elle a fait le parallèle de la consommation de tous les aliments nocifs à la santé avec la cigarette il y a 30 ans. « Quand je m'entraînais à la piscine en vue des Olympiques, c'était plein de fumeurs dans les estrades. Maintenant c'est banni et socialement inacceptable dans un lieu public et dans 20 ans, je suis tout aussi convaincue qu'on pourra retrouver dans nos milieux publics une offre alimentaire santé. C'est quand même pas logique de retrouver dans un aréna des distributrices de cochonneries », a résumé Sylvie Bernier.
D'où son interpellation aux élus et gestionnaires municipaux face aux pouvoirs qu'ils possèdent, tout en donnant l'exemple de la petite municipalité d'Amqui, qui a banni les boissons sucrées des installations sous sa responsabilité, « grâce à la mobilisation et qui s'est tenu debout malgré les menaces ».
Sylvie Bernier a donc invité son auditoire de décideurs à avoir le courage de poser les bons gestes. « Les élus municipaux disent que la santé n'est pas de leur ressort. Mais je regrette, ça leur appartient, en raison de leur proximité auprès des citoyens. Que ce soit par rapport au zonage, les plans d'aménagement, la construction d'infrastructures, bref pour plein de décisions, les élus sont en en mesure d'influencer la qualité de vie de leurs citoyens et incidemment la santé des populations », a soumis l'athlète olympique.
Elle a ponctué son propos de différents exemples en Estrie même, comme dans la MRC de Coaticook, avec des politiques familiales, le virage santé au casse-croûte municipal d'East Hereford, un plan d'aménagement au parc de Compton et ainsi de suite.
« Parfois, a aussi confié Sylvie Bernier, de petites municipalités disent ne pas avoir les ressources pour agir. Mais alors, qu'elles se mettent ensemble, à trois ou quatre, pour partager les coûts d'une ressource en loisirs et stimuler de l'action dans le milieu... Les solutions existent, mais il faut y croire, être capable de travailler en complémentarité et de visualiser l'impact positif dans les décisions qui vont faire la différence sur la santé des gens. »