Rouler trop vite près des chantiers peut coûter cher

Surveillance accrue, amendes doublées, l'opération «orange» sur les chantiers de construction routiers est de retour encore cette année.
C'est pour diminuer le bilan de cinq morts et 938 blessés de l'an dernier que la Sûreté du Québec et Transports Québec récidive avec cette offensive afin de marteler le message de prudence à l'approche des chantiers routiers. Les opérations de contrôle de vitesse de la SQ vont se multiplier au cours des prochaines semaines dans les zones de travaux.
Le sergent Marc-André Saucier de la Sûreté du Québec en Estrie mentionne en exemple qu'un excès de vitesse de 30 km/h sur une route est de 167 $, alors que dans une zone de travaux le même excès de vitesse coûte 293 $ au conducteur fautif.
«La réglementation s'applique en tout temps, 24 heures sur 24, la nuit, les fins de semaine qu'il y ait des travailleurs ou non sur le chantier. La configuration de la route est changée. Les voies sont rétrécies par des cônes et il y a des obstacles temporaires. Pour toutes ces raisons, il faut être vigilant en tout temps. En entrant dans une zone de construction, il faut bien vérifier les panneaux», rappelle le sergent Saucier.
La SQ rappelle que la tolérance des policiers est «assez mince» sur les chantiers de construction.
«Les amendes sont très dispendieuses. Nous voulons protéger les travailleurs», assure le sergent Saucier.
Ce dernier remarque qu'il n'y avait aucune diminution de vitesse lors des premières années de l'opération «orange».
«Les mentalités commencent à changer. Le message commence à se passer que nous somme très présent sur les chantiers routiers. Nous interceptons toute de même régulièrement des automobilistes fautifs. Chaque relève régulière doit faire une opération sur un site de construction. Des opérations spéciales en heures supplémentaires sont faites pour cibler les sites de construction. Chaque jour des patrouilleurs sont attitrés exclusivement sur les sites de construction», assure le sergent Saucier de la SQ.
La porte-parole de Transports Québec en Estrie Hélène Beauchesne rappelle qu'il y a encore beaucoup d'accidents sur les chantiers routiers.
«Les principales sources d'accident sur les chantiers routiers demeurent la distraction et l'inattention, soit 41 pour cent des accidents. Vingt-et-un pour cent étaient reliés à une vitesse trop élevée , alors que dix-neuf pour cent étaient attribuables au fait que les automobilistes se suivaient de trop près», mentionne Mme Beauchesne.
Elle ajoute que des radars-photos mobiles seront installés sur certains chantiers routiers. Transports Québec ne peut préciser pour le moment s'il y en aura sur les routes de l'Estrie.
«La priorité du ministère est de s'assurer que les chantiers se déroulent dans un cadre sécuritaire pour les signaleurs, les travailleurs et les usagers de la route. Un chantier routier est évolutif, alors les conditions de circulation sont complexes et hasardeuses», mentionne Hélène Beauchesne.