Jean-François Rouleau

Rouleau propose de lever le huis clos du conseil municipal

Les citoyens de Sherbrooke et les journalistes devraient pouvoir assister au moment clé où se prennent véritablement les décisions des élus du conseil de ville.
Profitant du débat actuel sur la transparence à Sherbrooke, le conseiller du district de l'Université Jean-François Rouleau revient à la charge et propose de lever le huis clos lors des séances précédant la séance publique du conseil municipal, «comme c'est le cas à Laval par exemple».
« Dans un souci de transparence, les citoyens doivent être invités à assister à l'ensemble du processus délibératoire. Ils doivent être en mesure de comprendre tous les enjeux et surtout, toutes les motivations entourant les décisions les concernant. Le maire (Bernard) Sévigny avait déjà proposé de lever le huis clos lors de son élection en 2009, mais n'a pas, encore une fois, fait preuve de leadership afin de mettre en place cette façon de faire. Il est maintenant temps de tenir parole et d'agir en toute transparence aux yeux de ceux qui nous ont élus », déclare M. Rouleau dans un communiqué.
Il soumettra sa proposition à ses collègues lors de la séance du conseil municipal de lundi prochain.
Sauf les ressources humaines
Le bouillant conseiller prévoit toutefois, par respect pour les employés municipaux concernés, que les questions touchant les ressources humaines continueraient d'être traitées en huis clos, et ce, autant au conseil municipal qu'au comité exécutif.
Il en serait de même pour les dossiers de spéculations financières pour des raisons évidentes. «Il est par contre nécessaire que les élus soient impliqués dans ces dossiers comme ce sont eux qui sont désignés par la population pour prendre des décisions. Or, ce qui est arrivé cette semaine dans le dossier du directeur d'Hydro-Sherbrooke est inacceptable. La Ville a affiché le poste alors que les élus n'étaient même pas au fait que le directeur actuel quittait son emploi. Il y a clairement eu là un manquement qui ne doit plus se reproduire », ajoute-t-il.
C'est la deuxième fois en autant de semaines que Jean-François Rouleau intervient publiquement dans l'épineux dossier de la réforme de la gouvernance. Il a proposé récemment de passer de 19 à 12 élus au conseil et d'abolir les arrondissements tout en préservant le statut bilingue de Lennoxville et en maintenant les services dans les arrondissements qui seraient dorénavant gérés par la Ville. Le conseiller avait émis en tout six propositions qui permettraient d'économiser 2,37 M$ au terme d'un mandat de quatre ans, soit 593 047 $ par année.
Déficit démocratique
Selon le conseiller Rouleau, l'administration Sévigny doit également encourager la participation citoyenne. Les « consultations  dans le dossier de la réforme de la gouvernance démontrent clairement le déficit démocratique dans lequel nous sommes plongés. Comment pouvons-nous demander aux citoyens de se prononcer sur la réforme de la gouvernance quand les élus obtiennent, 72 heures avant son dépôt, un document de 60 pages contenant les détails de la proposition ? Les Sherbrookois sentent que l'on fait tout pour étouffer les débats à l'hôtel de ville, comment voulez-vous alors qu'ils puissent croire que leurs opinions seront prises en considération ?», affirme Jean-François Rouleau.
Lundi dernier, seulement trois citoyens se sont présentés lors de la consultation dans son arrondissement. Selon lui, «les Sherbrookois ne sont pas dupes, ils savent qu'en raison de la forte présence du Renouveau sherbrookois au conseil, tout est déjà décidé d'avance, d'autant plus que le maire laisse entendre que plusieurs éléments de sa réforme ne sont pas négociables.»
« Pourquoi fait-on croire aux gens qu'on les consulte ? Si l'on veut réellement leur donner une voix, il faudrait dans un premier temps en redonner une aux élus et permettre aux citoyens, par la levée du huis clos, d'avoir toutes les informations nécessaires pour se prononcer. Il s'agirait là d'un premier pas afin de revitaliser notre démocratie. C'est ce que les Sherbrookois nous ont demandé en campagne électorale, il est temps de les écouter », a conclu Jean-François Rouleau.