Rouge sur blanc, pourquoi pas!

CHRONIQUE / Certaines idées reçues ont la couenne dure dans le vin. Celle voulant qu'un vin blanc ne puisse être servi après un rouge est particulièrement tenace. Je soupçonne la fameuse maxime pronostiquant un mal de tête assuré en cas d'inconduite d'y être pour quelque chose... Et si une infraction à la règle ne faisait pas plus de mal à votre lobe frontal qu'à vos papilles?
La pratique du rouge sur blanc est déjà effective et efficace. En effet, le blanc couronne déjà de nombreux repas en accompagnant brillamment fromages et desserts. Après tout, les plus grands vins de dessert de ce monde sont blancs! En fait, l'ordre des couleurs au cours du repas n'a pas de réelle importance, tant que la gradation des vins se fasse du plus délicat au plus intense et du plus sec au plus sucré. Dans cette logique, un vin blanc corsé - un chardonnay californien boisé, gras et élevé en alcool, par exemple - peut aisément suivre un rouge délicat et léger, si le menu si prête, tout naturellement.
Voici une mise en situation dont vous êtes le héros : votre ami vous reçoit ce soir avec au menu une entrée de mousse de foie de volaille et un homard grillé en guise de plat de résistance. Il vous confie la tâche de choisir le vin. Que faites-vous? Si vous tenez à vous faire inviter de nouveau, mieux vaut jouer vos bonnes cartes aux bons endroits. Idéalement, on optera pour un rouge fruité, aux tannins fondus, comme un pinot noir de Bourgogne ou d'Oregon pour la mousse. Quant au homard, un blanc corsé s'impose pour respecter le crescendo. Un Châteauneuf-du-pape, un blanc sec du Sud-Ouest ou un chardonnay du langhe veillera alors à ne pas vous faire regretter le vin précédent.
Enfin, retenez que l'ordre de service des vins est important, mais que l'accord avec le plat lui-même l'est tout autant!
Penedès 2015, Gran Vina Sol Chardonnay
Torres
SAQ : 64 774 - 16,80 $
Les cuvées de Torres prouvent qu'il est possible de conjuguer volume et qualité. Suffit de déguster leur Gran Vina Sol pour s'en convaincre. Ici, le chardonnay (85 %) se marie joliment au parellada (15 %), un cépage blanc autochtone d'Espagne, mieux connu pour sa contribution au cava, le fameux mousseux espagnol. Les arômes de pêche, de miel, de camomille et d'eau d'érable font saliver les papilles en quête de rafraîchissement. C'est frais, rond et tout indiqué pour une salade de mangue et avocat.
Savennières 2014
Clos de la Marche, Domaine du Petit Métris
SAQ : 13 235 036 - 26,70 $
Ce blanc de la vallée de la Loire est composé entièrement de chenin blanc, comme tous les vins de l'appellation savennières d'ailleurs. Ce sont des vins reconnus pour leur complexité et leur aptitude à vieillir. Il ne faut donc pas hésiter à ranger le Clos de la Marche au cellier pour les 5 à 10 prochaines années. Le nez porte sur les agrumes, le melon miel et la citronnelle. La bouche est fraîche, aromatique et termine sur une longue finale. Voilà qui appelle une brochette de crevettes et pétoncles grillés. Des cinq bouteilles de l'appellation disponibles à la SAQ, celle-ci est la moins dispendieuse. Voilà donc une chouette introduction à l'appellation!
Rioja 2010
Reserva, Conde Valdemar
SAQ : 882 761 - 19,95 $
Un vin âgé de sept ans, prêt à boire et à moins de 20 $... c'est comme un beau gars célibataire, il y a certainement anguille sous roche. Eh bien non! Ce tempranillo assemblé avec le graciano (5 %) et le mazuelo (5 %) est le compagnon idéal de la viande sauvage. Le nez porte sur de fines notes de champignons, de tabac et de muscade, indiquant une belle maturité. En bouche, l'acidité bien présente donne la réplique à une matière encore bien riche. Ne tardez pas à mettre le grappin dessus!
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