Daniel Oligny, capitaine à la prévention au Service de sécurité incendie de Magog.

Résidence pour aînés: Magog ne lésine pas sur la sécurité

La tragédie de L'Isle-Verte force la société québécoise tout entière à se questionner sur la sécurité incendie en résidence pour aînés. À Magog, on se sent d'autant plus concerné par les événements que des dizaines de retraités et préretraités s'établissent dans la ville tous les ans.
Les représentants du Centre de santé et des services sociaux de Memphrémagog le répètent sans cesse depuis quelques années : la population de la MRC de Memphrémagog vieillit plus rapidement que le reste du Québec.
« D'ici 2030, la MRC de Memphrémagog sera la quatrième plus vieille au Québec, note Daniel Oligny, capitaine à la prévention au Service de sécurité incendie de Magog. Ça va créer une pression sur la ville de Magog. On doit voir venir les événements plutôt que de réagir à ceux-ci. »
Au cours des dernières années, les résidences pour aînés de Magog ont fait l'objet d'investissement dépassant 15 millions $. Des projets d'agrandissement ainsi que des rénovations majeures ont été réalisés.
Les gens se mettaient aux normes ou alors ils fermaient leurs portes.
Cette effervescence est sans doute attribuable en partie au Service de sécurité incendie de Magog, qui n'a pas attendu la tragédie de L'Isle-Verte pour serrer la vis aux résidences pour aînés. Au risque de paraître intransigeant, il a talonné les établissements qui traînaient de la patte.
« Des choix d'affaires ont été faits par les gestionnaires des différents établissements. Les gens se mettaient aux normes ou alors ils fermaient leurs portes », lance Daniel Oligny.
Quelques établissements qui accueillaient des personnes du troisième âge ont effectivement cessé leurs activités dans la MRC de Memphrémagog ces dernières années. Leur perte a cependant été largement compensée par la construction de nouveaux logements destinés à cette clientèle.
Membre de la Table de concertation des aînés de la MRC de Memphrémagog, Marie-Josée Hince reconnaît qu'elle a dû prendre des décisions importantes quand le service incendie l'a informée des travaux qui devaient être effectués à sa résidence, les Jardins de Magog.
« Au départ, je me suis demandé ce que je faisais devant les normes imposées. Notre bâtiment était le pire à Magog. Finalement, on a décidé d'y aller pour la totale », raconte Mme Hince, en référence au projet d'agrandissement concrétisé récemment par les Jardins de Magog.
Conscient que d'importantes améliorations ont été apportées aux établissements existants, Daniel Oligny souhaite maintenant que les aînés soient davantage sensibilisés aux risques d'incendie. « On veut être présent auprès des résidents par le biais de causeries et de rencontres individuelles », dit-il.