François Balaux est l'un des 300 pilotes à avoir posé son avion à l'aéroport de Sherbrooke pour l'événement des Faucheurs de marguerites. Il a construit son avion, un Zenair CH-701, à partir d'un simple plan.

Rendez-vous pour passionnés d'aviation

Les Faucheurs de marguerites ont une fois de plus réussi leur pari, celui de rassembler, le temps d'une fin de semaine, le plus grand nombre d'amateurs d'aviation possible. Le plus célèbre d'entre eux à s'être présenté est sûrement le commandant Robert Piché, président d'honneur de l'événement.
<p>Robert Piché</p>
«Je suis un peu gêné, c'est ce que je disais au gérant de l'aéroport. Les gens pensent que je suis allé partout dans le monde, mais c'est la première fois que je viens ici, à Sherbrooke», admet-il.
Peut-être sa première fois à l'aéroport du coin, mais sûrement pas la première fois qu'il racontait son spectaculaire atterrissage d'urgence sur un archipel de l'océan Atlantique, en 2001. Pourtant, à l'entendre ce samedi après-midi, c'est comme si l'incident s'était déroulé la semaine dernière.
«C'est parce que je parle avec une gang de passionnés. Au Québec, ce n'est pas facile, la carrière d'aviation. Il faut que tu sois vraiment passionné pour réussir», a-t-il lancé. Le commandant d'expérience a répondu aux nombreuses questions avec la même passion que son auditoire, malgré les allusions à son passé.
«Vu que j'ai une tribune, il faut que j'en profite pour remercier tous les Québécois. Vous avez blâmé les médias de m'avoir sali après m'avoir consacré comme héros», se remémore-t-il humblement.
Un événement rassembleur
Parmi les visiteurs se trouvait Dominic Claveau, qui a fait le chemin depuis Saint-Honoré de Beauce. C'est la première fois qu'il participait à l'événement.
«Ce qui fait mon affaire, c'est que ce n'est pas une démonstration. Les gars sont là avec leur machine et ils parlent de leur machine. C'est intéressant. Tout le monde qui est là, c'est parce que l'aviation les allume», dit-il. Il est lui-même pilote pour le plaisir et s'envole régulièrement de l'aéroport de Saint-Frédéric, en Beauce.
François Balaux est un autre pilote qui a fait du chemin pour participer aux Faucheurs de marguerites. Sa particularité est d'être parti de Saint-Lambert avec l'avion qu'il a lui-même monté, un Zenair CH -701.
«J'ai acheté un plan Ikea boosté aux stéroïdes et 9196 rivets plus tard, c'est ce que ça a donné», pointe-t-il fièrement. Derrière lui se trouve un petit avion de brousse, plus efficace dans des terrains difficiles que sur une piste d'atterrissage.
«C'est peut-être la deuxième fois que je touche à une piste d'atterrissage», sourit-il. Son objectif est d'y ajouter des flottes pour aller à la pêche. «Ça décolle vite et ça atterrit vite, c'est ce qu'il faut», explique-t-il.
Le président de l'événement, Réal Paquette, est visiblement ravi de la tournure de l'événement. «Nous sommes hypersatisfaits. Les avions sont au rendez-vous et la météo est là», affirme-t-il. Selon ses estimations, au moins 300 avions sont venus faire leur tour.
Gilbert Boulanger honoré
Un hommage au pilote de guerre et vétéran de la Seconde Guerre mondiale, Gilbert Boulanger, a été rendu en fin d'après-midi. C'est l'auteur du livre Je te plumerai : escadron 425 Alouette, Marc-André Valiquette, qui a témoigné du parcours exceptionnel de son ami, décédé en janvier dernier à l'âge de 91 ans.
«C'était important pour lui de partager sa passion, un devoir de mémoire. [...] Il a été mon inspiration quand j'ai écris mon livre, il m'a toujours aidé, toujours soutenu dans ce que je faisais», souligne-t-il.
Le vétéran pilote a lui-même été soutenu jusqu'au dernier moment. «Pour vous dire la reconnaissance [que les gens avaient pour lui], en janvier, lors de son éloge funéraire, il y a eu six commandants de l'escadrons qui sont venus», se rappelle-t-il.