Les citoyens de Brompton qui se sont présentés hier soir à la séance du conseil municipal n'ont pas réussi à faire bloquer le projet de réforme de la gouvernance, qui a été adopté par un vote de 17 contre 3.

Réforme de la gouvernance : le Conseil va de l'avant

Au lendemain des élections municipales de 2017, la ville de Sherbrooke comptera 14 conseillers et quatre arrondissements. Le projet de réforme de la gouvernance visant à réduire le nombre d'élus et d'arrondissements a été adopté hier par un vote de 17 contre 3.
Les efforts de la conseillère de Brompton Nicole Bergeron, qui cherchait à renverser la vapeur en plaidant pour une fusion Brompton-Saint-Élie, n'auront pas porté leurs fruits. Chantal L'Espérance et David Price sont les seuls autres indépendants à avoir voté contre le projet.
Le projet adopté comporte la fusion des arrondissements de Jacques-Cartier et du Mont-Bellevue, de même que l'inclusion de Brompton dans Rock Forest-Saint-Élie-Deauville. Le comité exécutif passera aussi de cinq à quatre membres avec l'abolition du poste de vice-président.
Brompton conserve ses budgets de même que les limites de son territoire, mais perd ses deux conseillers d'arrondissement. Un comité consultatif de quartier sera créé et le mandat du comité consultatif agricole sera élargi.
«Je suis satisfait. Nous avons compris que c'est le fruit d'un compromis. À 17 sur 20, le consensus est extrêmement large. Nous rendrons les choses un peu moins coûteuses et un peu plus efficaces et tout le monde y a mis du sien», a réagi le maire Bernard Sévigny.
Ce dernier ne tient pas le discours de la défusion. «Il n'est pas question de le cautionner ou de l'accréditer en en parlant. S'ils ont des démarches à faire, qu'ils les fassent, mais Québec recevra une demande qui est appuyée par 17 élus sur 20.»
Nicole Bergeron avait livré un vibrant plaidoyer maintes fois applaudi par les citoyens présents, une centaine, qui étaient majoritairement de l'arrondissement de Brompton.
«La communauté de Brompton ne demande pas la charité, mais seulement de respecter l'engagement pris lors de la fusion. Ce qui me déçoit, c'est qu'un bon nombre d'entre vous étiez là lors de la fusion. Comment voulez-vous que la population de Brompton vous fasse confiance alors que vous vous apprêtez à abolir l'arrondissement?» a-t-elle lancé aux autres élus.
«Small is beautiful et ce n'est pas parce que nous sommes petits que nous ne pouvons pas accomplir de grandes choses. Comme par hasard, les deux arrondissements les plus impactés par la réforme sont ceux présidés par Mme [Chantal] L'Espérance et moi-même, les leaders du groupe des 9. Peut-être est-ce un hasard, mais permettez-moi d'en douter», a insisté Nicole Bergeron.
À l'issue du vote, elle se montrait très déçue. «Je ne suis pas surprise par les membres du parti parce que nous savions qu'ils parleraient d'une même voix. Je suis déçue de certains indépendants que j'espérais voir se rallier à la proposition du groupe concerté.»
Chantal L'Espérance a elle aussi manifesté tout son mécontentement. «On donne beaucoup de garanties à Brompton, mais ces garanties, combien de temps elles perdureront dans le temps?»
«Vous avez fait la démonstration que vous êtes une communauté tissée serrée. Choisirez-vous de regarder devant ou de vous laisser guider par votre amertume?» a interrogé Diane Délisle à l'intention des citoyens de Brompton.
«Comme Ville, nous nous devons de développer notre adaptabilité et notre capacité à vivre des changements. Je suis confortable avec le processus. C'est sûr que dans les consultations publiques, on s'attendait surtout à entendre les opposants. Le lac-à-l'épaule était pertinent. On s'est écouté et on s'est donné une vision concertée», a ajouté Julien Lachance.
Hélène Dauphinais a avoué devoir se calmer quand il est question de la réforme. Elle aurait souhaité que Lennoxville fasse aussi sa part. «À écouter les citoyens, on dirait qu'il n'y a que les citoyens de Brompton qui vivront les effets de la réforme. N'oubliez pas que d'autres arrondissements fusionneront. Si on fonctionnait au même prorata dans mon district qu'à Brompton, il me faudrait quatre conseillers d'arrondissement dans mon district.»
«Je crois fermement que la meilleure proposition est celle que le groupe concerté a déposée. Ceci dit, il fallait faire des compromis et nous sommes arrivés à une proposition qui est acceptable. C'est le principe d'équité qui guidera ma décision» a insisté Annie Godbout.
«Nous sommes allés au maximum de ce que nous pouvions obtenir pour les gens de Brompton» a tenu à mentionner Rémi Demers.
Danielle Berthold a précisé avoir failli à sa promesse de réduire la taille du conseil à 12 conseillers en acceptant les compromis. Elle s'en disait déçue. «Je serais allé plus loin», a ajouté Bruno Vachon.
Il est à noter que la structure de l'arrondissement de Lennoxville demeure la même, soit un conseiller municipal et deux conseillers d'arrondissement.
Les conseillers représenteront entre 11 000 et 13 000 citoyens, à l'exception des élus de Brompton et Lennoxville, qui représenteront environ 6800 et 5300 citoyens.