Du 22 au 25 avril, de 18h à 20h, près de 500 étudiants participeront à la deuxième édition de La Guignolée de cégeps, parmi lesquels Camille Fournier, Justin Roy et Joanie Beaudoin qui entourent ici les enseignants en philosophie Jonathan Mayer et Keith Éthier.

Quand la faim justifie les moyens!

Lorsqu'on jase guignolée, on pense systématiquement à la période des Fêtes. Un moment de l'année où une armée de bénévoles s'organise pour donner au suivant. Pourtant, la faim n'a rien à voir avec Noël. Tout au long de l'année, des milliers de Québécois peinent à manger trois repas par jour. Et ça, certains professeurs du niveau collégial l'ont bien compris. Voilà pourquoi des centaines d'étudiants se mobiliseront, pour une deuxième année consécutive, afin de renflouer les coffres des banques alimentaires de la région.
Le projet qui s'intitule La Guignolée des cégeps est une initiative de Keith Éthier et de Jonathan Mayer, deux enseignants en philosophie au Cégep de Sherbrooke, ainsi que de Geneviève Côté, directrice de Moisson Estrie. «Cette guignolée est issue d'une discussion que nous avons eue au sujet d'étudiants qui éprouvent des difficultés financières. C'est une problématique méconnue qui est en pleine croissance», affirme d'entrée de jeu M. Éthier.
Et comme si ce n'était pas assez, pendant que plusieurs Sherbrookois crèvent la dalle, les banques alimentaires n'arrivent pas à répondre à la demande. «Disons que le printemps est généralement difficile pour les organismes d'aide alimentaire. Les gens donnent beaucoup avant la période des Fêtes et c'est très bien ainsi. Cependant, il ne faut surtout pas oublier que la faim ne disparaît pas après ces moments festifs et qu'une bonne partie de la population a encore besoin d'aide et d'un peu de solidarité le reste de l'année», clame l'enseignant.
Une pierre deux coups
Selon Véronique Grenier, qui enseigne aussi au Cégep de Sherbrooke et qui s'implique activement sur ce projet, en plus de venir en aide aux personnes dans le besoin, les étudiants participants ont la chance de vivre une expérience enrichissante. «Je joins mes efforts à leur initiative parce que je la trouve plus que louable et qu'elle permet aux étudiants de réfléchir aux inégalités socio-économiques, à la charité et à la générosité. Et que cette réflexion s'inscrit dans une activité qui leur donne un réel sentiment «d'avoir agi». Après, Ils ont littéralement une étincelle dans les yeux. C'pas rien!»
La mission de la Guignolée est également habitée par une visée éducative commune au réseau collégial qui est de former des étudiants intéressés et capables de contribuer au développement d'une société juste, solidaire, inclusive et éclairée. Pour M. Éthier, c'est une occasion unique de rattacher la théorie à la pratique. «Les étudiants qui décideront d'emboîter le pas et de donner un peu de temps afin d'aider les moins nantis de notre communauté vivront des moments stimulants et inoubliables.»
L'année dernière, l'initiative a permis d'amasser 12 000 $ et 12 000 livres de nourriture. Malgré cette belle récolte, les responsables de l'événement croient pouvoir faire mieux cette année. «Pour cette deuxième édition, le nombre d'étudiants participants doublera. Près de 500 personnes nous aideront à ramasser les dons. Nous sommes confiants de dépasser nos résultats de 2013», précise M. Éthier.
C'est donc du 22 au 25 avril, de 18 h à 20 h, que la population sherbrookoise sera invitée aux quatre coins de la ville à donner des denrées alimentaires et des dons en argent dans le cadre de la deuxième édition de La Guignolée des cégeps.