Pourquoi? Parce qu'il y a encore beaucoup de préjugés

L'homosexualité n'est plus un tabou. Inutile de la célébrer ou de la défendre, car la population en saisit les enjeux. À quoi bon tenir un évènement pour la diversité sexuelle, si ce n'est que pour taper sur un clou qui est déjà bien planté?
« Les gens se demandent pourquoi on tient un évènement comme ça, mais ils ne réalisent pas qu'il y a encore beaucoup de préjugés dans la société, encore de l'homophobie. L'évènement donne l'occasion aux gens d'être eux-mêmes, sans subir de discrimination. Le slogan de la fête le dit, le vent tourne, mais il manque encore des activités organisées pour que le mouvement soit vu par les citoyens et pas juste les gais et les lesbiennes », indique Véronique Bougie, elle qui a été évincée de son domicile par ses parents lorsqu'elle a fait son coming out à l'âge de 18 ans. 
« C'est important de célébrer la diversité, mais il y a encore du chemin à faire pour l'acceptation de la communauté des minorités sexuelles. L'évènement souligne les exemples positifs et montre qu'on n'a pas besoin d'aller à Montréal pour vivre ouvertement sa sexualité. L'égalité juridique ce n'est pas la même chose que l'égalité sociale. Encore aujourd'hui, un couple hétérosexuel qui se tient la main passe mieux qu'un couple d'hommes ou de femmes », ajoute Pierre McCann qui effectue avec Véronique des activités de démystification dans les écoles.
Pour stopper cet exode métropolitain, les organisateurs tiennent le premier évènement du genre en Estrie pour une deuxième année. Initiée par différents comités universitaires, collégiaux et communautaires, Fière la fête célèbre la diversité sexuelle et l'ouverture d'esprit. 
Le 14 septembre, parc Jacques-Cartier, 13 h. Au menu, ambiance musicale festive, jeux gonflables et activités sportives pour toute la famille. Aux produits locaux offerts se grefferont une multitude de kiosques d'organismes ayant à coeur la cause des lesbiennes, gais, bisexuelle-le-s trans et queer ou en questionnement (LGBTQ). S'il défend une minorité, le rassemblement s'adresse à tout le monde, même les hétérosexuels.
« C'est important de participer parce que c'est une communauté invisible, les gens n'ont pas une étiquette dans le front pour signifier qu'ils font partie d'une minorité sexuelle, c'est une façon de se montrer qu'ils ne sont pas seuls », souligne François Mauger, président de l'AGLEBUS.
« Oui c'est une fête, mais le simple fait de venir, c'est poser un geste social significatif, c'est une façon de montrer son support à la communauté, mais les gens ont peur de venir pour ne pas être étiquetés », résume Sarah Lamarche, vice-présidente aux informations du REMDUS. 
Supporter la cause, peu importe son orientation sexuelle, ne devrait pas être stigmatisé, mais pour faire changer les choses, il faut se mouiller.