Potton : Les Amis des Montagnes-Vertes bougent

La poussière est retombée du côté de Potton après la séance du conseil municipal mouvementé de lundi dernier, laissant apparaître un portrait peu reluisant du canton.
La séance extraordinaire a provoqué une déchirure dans la municipalité, une création de deux camps qui montent aux barricades chacun de leur côté.
La réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette agit comme porte-parole du regroupement des Amis des Montagnes-Vertes; elle déplore la situation.
«Un conflit important est en train de naître, si le maire avait pris plus de temps pour consulter la population, on aurait pu arriver à quelque chose de pacifique. C'est irraisonnable politiquement de ne pas prendre le temps d'écouter les gens avant de prendre une décision. Personne n'a le goût de partir en guerre, on aimerait mieux être une région unie.»
Dans cette histoire, le lien de confiance unissant le maire à ses citoyens s'est brisé.
«On pense qu'il y a un agenda caché derrière ça. Le maire soutient que des recherches ont été effectuées pour trouver un meilleur endroit, mais ce n'est pas le cas. Il dit avoir parlé au propriétaire d'Owl's Head, mais ce n'est pas vrai. Lorsqu'on a demandé au maire s'il prévoyait élargir le territoire, il a dit qu'il ne pouvait pas répondre à cette question-là», pointe Mme Barbeau-Lavalette, qui habite directement sur le chemin de Ruiterbrook.
Louis Pierre Veillon, maire de Potton, a confirmé à La Tribune que le nombre de courses n'augmentera pas, que la zone autorisée ne s'élargira pas et qu'aucune motoneige ne circulera dans la réserve des Montagnes-Vertes. Il pense que cette incompréhension ajoute de l'huile sur le feu.
«Le combat a l'air de prendre la forme : pas dans ma cour, mais c'est n'est pas le cas. Si pour un tout petit territoire, il est obligé de dézoner le tiers de la réserve, ce n'est pas le bon endroit. Des biologistes du monde entier font leurs recherches ici parce qu'il y a de la faune et de la flore que l'on trouve nulle part ailleurs. Les gens viennent en région pour profiter de la nature, le jour où ils verront des VTT se promener, la région va perdre son plus-value. Le maire minimise le problème en disant que le bruit des motos ne tuera pas de lapins, mais c'est pour une vision de développement durable que l'on se bat», souligne Mme Barbeau-Lavalette.
Selon elle, le fait de légaliser et de publiciser le passage des véhicules motorisés sur ce territoire entrainera des débordements.
«Le maire ne peut assurer qu'aucune motoneige ne sortira du territoire. Déjà on en voit se promener. La Surêté du Québec s'en charge, mais elle est peu efficace. Pour attraper les malfaiteurs, elle doit les prendre sur le vif. On ne veut pas non plus devenir des paniers percés et toujours surveiller pour que personne ne déroge.
«On va faire quoi pour empêcher ça?»
À défaut d'avoir réussi à influencer le vote, les Amis des Montagnes-Vertes entendent bien entreprendre des recours.
«On va de l'avant avec les prochains mouvements, un possible référendum, mais personne ne souhaite ça parce que ça coûte cher à la municipalité. On va peut-être entamer des actions en justice», affirme Anaïs Barbeau-Lavalette.
Les citoyens des zones contiguës à la zone RF1 ont huit jours pour faire une demande d'approbation référendaire d'un ou de l'ensemble des articles des règlements 2001-291 - AI et 2005-327 - H. Si la quantité de demandes atteint un nombre suffisant, un scrutin référendaire sera ouvert.