Avec les Alouettes, Jean-Vincent Posy Audette (droite) rejoint deux anciens entraîneurs qui ont oeuvré au sein du circuit universitaire du Réseau du sport étudiant du Québec, soit Noel Thorpe (centre) et André Bolduc (gauche).

Posy Audette réalise son rêve de coacher chez les pros

À la seconde où il a été retranché par les Argonauts de Toronto en juillet 2001, Jean-Vincent Posy Audette s'est fixé un objectif bien précis : retourner chez les professionnels, mais cette fois comme entraîneur. Il aura dû patienter 13 ans pour y arriver et ce sont les Alouettes de Montréal qui lui offrent cette opportunité.
Après cinq années chez les Carabins de l'Université de Montréal et sept autres chez le Vert & Or de l'Université de Sherbrooke, cet ancien demi défensif a obtenu un boulot d'assistant au nouvel entraîneur Tom Higgins. Il rejoint du même coup celui qui l'avait amené à Sherbrooke en 2007, l'ancien entraîneur-chef du Vert & Or André Bolduc. Ce dernier a également été embauché récemment par la formation montréalaise pour occuper le poste d'assistant entraîneur à l'attaque.
« Je vais avoir plusieurs rôles avec l'équipe, notamment au niveau des unités spéciales et des demis défensifs. Au fil de ma carrière comme joueur et entraîneur, je me suis bâti une bonne expertise qui pourra sans doute aider les Alouettes », indique avec confiance celui qui a coordonné les unités spéciales du Vert & Or de 2007 à 2011, pour ensuite prendre les rênes de la défensive en 2012.
« Coacher chez les pros, c'était un rêve pour moi. En toute humilité, j'ai toujours su que j'en arriverais là, ajoute-t-il. Je suis vraiment excité! Les Alouettes, c'est l'équipe du Québec, c'est notre équipe! »
« Il n'y a rien qui arrive pour rien »
Les choses ne se sont pas déroulées exactement comme Posy Audette l'avait envisagé. Il aurait en effet aimé remporter une coupe Vanier à l'Université de Sherbrooke avant de tenter sa chance dans la Ligue canadienne de football. Des divergences philosophiques avec l'entraîneur-chef de la formation sherbrookoise, David Lessard, ont cependant mené à son départ en décembre dernier.
Il a ensuite eu des pourparlers avec quelques organisations, dont les Stingers de l'Université Concordia, avant d'accepter l'offre du directeur général des Alouettes, Jim Popp.
« Il n'y a rien qui arrive pour rien, philosophe l'entraîneur de 37 ans. Au départ, j'étais déçu de ne pas avoir la chance de poursuivre ce que j'avais commencé avec le Vert & Or. D'un autre côté, je réalise que quitter Sherbrooke me permet d'obtenir une opportunité à un bon moment dans ma carrière. J'ai beaucoup d'expérience à offrir, mais comme je suis encore jeune, je suis prêt à donner énormément de temps et d'énergie à l'équipe qui m'a fait confiance. »
Ouvrir la voie aux francophones
Avec André Bolduc et Jean-Marc Edmé qui est aussi à l'emploi des Alouettes, Posy Audette deviendra cet été l'un des rares francophones à évoluer sur les lignes de côté au sein du circuit Cohon. Tout comme à l'époque où il portait le numéro 36 chez les Argonauts, il a tout à prouver.
« Je suis habitué! lance d'emblée celui qui a fait ses débuts sur les lignes de côté sous la gouverne du réputé Jacques Dussault, lui-même entraîneur-chef adjoint chez les Alouettes entre 1997 et 2000. Comme joueur, j'ai démarré le programme à l'Université Laval et j'ai gagné la coupe Vanier en 1999. J'ai ensuite été l'un des rares francophones à jouer professionnel dans ces années-là alors que c'était pratiquement impossible à moins d'avoir évolué dans une université anglophone.
« Comme entraîneur, j'ai démarré un autre programme universitaire, cette fois celui des Carabins de l'Université de Montréal. J'ai ensuite transféré avec le Vert & Or, une équipe qui en était aussi à ses débuts, enchaîne-t-il. Si je peux ouvrir le chemin à d'autres entraîneurs francophones, j'en serai très heureux. »