Poissons morts au barrage de Ste-Brigitte: la Fondation rivières veut des réponses

Au cours des derniers mois, plus d'une centaine de poissons ont été retrouvés sans vie au pied du barrage de la minicentrale hydroélectrique de Sainte-Brigitte-des-Saults, dans la MRC de Drummond, une situation qui inquiète la Fondation rivières.
L'organisme presse les ministères du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques (MDDELCC) et de la Forêt, de la Faune et des Parcs (MFFP) afin de lui fournir des explications pour ces hécatombes et d'agir pour corriger la situation.
Fondation rivières a logé une première plainte au ministère de l'Environnement au début du mois de juin, lorsqu'une dizaine de carcasses de poissons ont été découvertes au pied du barrage. Les fonctionnaires ont rapidement répondu qu'il s'agissait d'un événement isolé probablement attribuable à un épuisement en période de frai.
La situation s'est toutefois reproduite le 24 juin, lorsque des pêcheurs ont répertorié plus d'une centaine de carcasses de dorés, d'achigans et de perchaudes dans les saillies rocheuses du cours d'eau dont l'aval du barrage est presque asséché. Encore une fois, l'organisme a fait des démarches auprès du ministère et cette fois, la réponse tarde à venir.
« Ils (les fonctionnaires des ministères concernés) ont décidé de se concerter. Ils se sont rencontrés la semaine dernière afin d'évaluer les causes de ces morts. On continue de demander des réponses et on trouve le retard inacceptable. On craint qu'il y ait d'autres événements du même genre si rien n'est fait rapidement », affirme Pierre Leclerc, agent de recherche et de communication à la Fondation.
Il faut dire que l'organisme a sa petite idée sur ce qui a pu causer ces mortalités de masse. Selon M. Leclerc le débit minimal du barrage appartenant à Algonquin power est réduit à un mètre cube d'eau jusqu'à la fin du mois d'octobre. Il est fort possible que cette norme minimale datant des années 1990 ne soit pas suffisante pour assurer la survie de la faune aquatique en période de canicule ou de crue rapide des eaux.
« À l'époque, nous n'avions aucune espèce d'idée de ce que devait être le débit minimal en aval du barrage. Avec le temps, nous avons développé des méthodes de calcul et il n'est pas certain que le débit soit adapté à la survie faunique dans ce secteur », ajoute M. Leclerc.
D'autres minicentrales électriques, construites en nombre important au début des années 1990, menaceraient les populations de poisson ailleurs au Québec. C'est notamment le cas en Mauricie et au Lac-Saint-Jean.
« Peu importe quelle est la cause, il y a un problème », conclut le porte-parole, précisant que la construction d'une passe migratoire à poissons était plus que recommandée à cet endroit sur la rivière Nicolet Sud-Ouest.