Phylactères de caractère

Du 14 au 17 mars, se tient le Festival de la bande dessinée et du livre illustré de Sherbrooke au Centre culturel Pierre-Gobeil de Rock Forest.
Le temps où Tintin et Astérix régnaient en maîtres absolus sur ce monde illustré est bel et bien révolu. Les créateurs de cette forme d'art sont de plus en plus nombreux et ont exploré depuis des décennies tous les univers possibles.
Autrefois associée à l'enfance et l'adolescence, la bande dessinée a gagné ses lettres de noblesses et est aujourd'hui considérée comme le 9e art. Quelques suggestions en vrac qui vous feront aimer les bulles sur papier.
Asterios Polyp (David Mazucchelli/Pantheon)
Cet album a remporté le Prix spécial du jury au prestigieux Festival de la bande dessinée d'Angoulême en 2011. Asterios est un architecte égocentrique et imbu de lui-même, qui voit son univers s'écrouler lorsque son appartement prend feu et qu'il perd tout. Il décide de fuir la ville en replongeant dans ses souvenirs et dans son passé amoureux difficile et chaotique.
Encensé par de grands quotidiens comme le New York Times, Asterios est un livre atypique, autant dans sa forme que dans son contenu. Le héros est à ce point détestable qu'on se surprend presque à lui souhaiter du malheur. Les dessins, magnifiques, sont déclinés dans tous les styles graphiques possibles. Cet éclatement de la forme est spectaculaire et interpelle grandement le lecteur. Un must.
Vader's little princess et Darth Vader and son (Jeffrey Brown/Lucas Books).
Deux découvertes récentes qui m'ont absolument charmé. L'auteur prend ici la liberté de faire revivre le sombre Darth Vader en tant que père de jeunes enfants, les jumeaux Luke et Leia. La parentalité n'a rien de facile lorsque les petits sont des rebelles notoires...
Ces bouquins sont absolument irrésistibles pour les amateurs de Star Wars. Chaque page est un pur délice. L'auteur reprend avec humour des scènes de la célèbre trilogie, pour le plus grand plaisir des fans. Par exemple, il y a Vader qui joue au base-ball avec son fils (et un sabre laser en guise de bâton), ou encore Leia en ado révoltée qui crie à son père « je te hais » (ce dernier l'encourage d'ailleurs à utiliser sa haine). Chaque clin d'oeil fait sourire et on se surprend à relire les volumes en quête d'un détail qu'on aurait manqué. Du bonheur garanti.