Sarah Maggali Namoutiri et sa grande fille de sept ans, Kezia Hope, sont convoqués demain à 16 h 25 à l'aéroport Montréal-Trudeau pour un aller simple vers leur pays d'origine. Son mari, détenteur d'un visa d'étudiant, ainsi que leurs deux enfants nés au Canada Elicha, 3 ans, et Khelen Mercy, 5 mois, ne sont pas visés par cet ordre d'expulsion.

«Peut-être mes derniers moments avec deux de mes enfants...»

Une mère de famille d'origine congolaise vivant à Sherbrooke sera séparée vendredi de sa fille de cinq mois et de son fils de trois ans si l'Agence des services frontaliers du Canada ne révise pas son ordre d'expulsion.
« La réalité nous frappe en pleine face. J'essaie de ne pas trop y penser, mais ce sont peut-être mes derniers moments avec deux de mes enfants. Je profite de chaque moment avec eux», explique, résignée, Sarah Maggali Namoutiri.
Son visa de visiteur émis par Citoyenneté et Immigration Canada ainsi que celui de sa fille de sept ans, Kezia Hope Pika, n'ont pas été renouvelés dans le délai de 90 jours qui avait été imposé. Après trois ans de démarches administratives, elle risque d'être expulsée vers son pays d'origine la République du Congo en Afrique.
La famille Pika est arrivée au Canada en 2009 afin de permettre à Pacôme Pika de poursuivre ses études à l'Université de Sherbrooke. Si ce dernier poursuit aujourd'hui ses études en épidémiologie à l'Université Laval, la famille réside toujours à Sherbrooke.
Vers la fin de la grève étudiante en 2011, Pacôme Pika n'avait pas accès à sa bourse, laissant la famille sans le sou et incapable de payer les frais administratifs pour l'obtention des visas.
« Nous n'avions pas les moyens de payer les visas. Nous avions à peine de l'argent pour nous loger et pour manger. Notre église nous avait donné de la nourriture afin de pouvoir faire manger la famille. Pour nous, le montant des visas représentait une fortune. Nous admettons notre faute, mais nous implorons les autorités canadiennes de nous donner un sursis le temps que notre demande soit étudiée. C'est un cri du coeur que je lance afin d'obtenir l'indulgence du Canada afin de pouvoir voir grandir mes enfants », lance cette mère de famille épuisée physiquement et mentalement.
Pour le moment, le triste résultat demeure le même : Sarah Maggali et Kezia Hope sont convoqués demain à 16 h 25 à l'aéroport Montréal-Trudeau pour un aller simple vers leur pays d'origine. Pacôme Pika, détenteur d'un visa d'étudiant et les deux enfants nés au Canada Elicha, 3 ans, et Khelen Mercy, 5 mois, ne sont pas visés par cet ordre d'expulsion.
« Ça fait plus de trois ans que nous sommes en démarches avec Immigration Canada. J'ai envoyé des lettres explicatives et j'ai même essayé de passer par les États-Unis. Étant donné que je suis atteinte de diabète, ma situation ne se semble pas être favorable auprès des autorités. Selon les spécialistes, je n'ai pas plus que six mois à vivre si je retourne au Congo en raison de mon état de santé. Là-bas, je n'ai plus de famille. Je ne sais même pas où aller lorsque je serai rendue à l'aéroport. Je suis condamnée à mort au Congo», constate la mère de famille qui a choisi de laisser ses deux plus jeunes au Canada étant donné l'instabilité dans son pays d'origine.
Le député fédéral de Sherbrooke Pierre-Luc Dussault travaille sur le dossier depuis plusieurs mois.
« Le temps commence à filer, mais nous cherchons toujours une solution pour éviter que cette famille ne soit séparée. Nous demandons au gouvernement de faire preuve d'indulgence et de compassion. Ça n'a aucun sens de séparer une mère de ses enfants de cinq mois et trois ans. L'une des dernières options qui restent demeure l'émission d'un certificat de sélection du Québec qui laisserait un sursis. Nous sommes en contact avec le bureau du député de Sherbrooke Luc Fortin à ce sujet. C'est l'une de nos dernières chances. Nous suivons la situation de très près », assure le député fédéral de Sherbrooke.