Cette semaine, le prix de l'essence stagnait à 1,30 $ à Drummondville, pendant qu'à Victoriaville et Sherbrooke, les automobilistes devaient payer respectivement 1,38 $ et 1,39 $ pour le même litre d'essence.

Pétro T souhaite que Québec légifère

La guerre de prix qui fait rage dans la région de Drummondville depuis quelques années met en péril la survie de certaines stations-service. Dans l'optique d'accroître leur part de marché, de grandes entreprises font baisser le prix de l'essence à la pompe, au grand bonheur des consommateurs, mais au déplaisir des petits entrepreneurs.
«Nous avons de belles entreprises au Québec, des entreprises qui créent de l'emploi et qui investissent. Il serait important de préserver ça», affirme le directeur général de Pétro T, Jean-Claude Clément.
Un sommet
La situation a atteint un sommet au cours des derniers jours, alors que le prix de l'essence affiché à la pompe stagnait à 1,30 $ à Drummondville, pendant qu'à une cinquantaine de kilomètres plus loin à peine, à Victoriaville et Sherbrooke, les automobilistes devaient payer respectivement 1,38 $ et 1,39 $ pour le même litre d'essence.
M. Clément estime la marge bénéficiaire des détaillants des Bois-Francs et de l'Estrie à environ 8 ou 9 cents du litre, alors que ceux de Drummondville doivent se contenter de moins d'un cent. Si l'on considère les frais d'exploitation moyens à 3,5 cents, les stations drummondvilloises vendent leur essence à perte.
«Ça crée un déséquilibre et ce sont les détaillants qui doivent supporter ça. En ce qui nous concerne, nous avons des stations un peu partout à travers le Québec. C'est ce qui nous aide à faire une moyenne, mais il est impératif qu'il y ait un meilleur équilibre entre les villes de la province», ajoute le gestionnaire.
Marge bénéficiaire
L'Association québécoise des indépendants du pétrole, dont fait partie Pétro T, demande au gouvernement du Québec d'établir en moyenne entre 4 et 7 cents du litre la marge bénéficiaire des détaillants dans les régions à l'extérieur de Montréal qui ne sont pas considérées comme des régions éloignées. Ceci signifie qu'on devrait payer entre 1,34 $ et 1,37 $ tant à Drummondville qu'à Sherbrooke et Victoriaville.
M. Clément considère que s'il est impératif d'instaurer un prix plancher tenant compte de cette marge, on doit également légiférer pour qu'il y ait un plafond et ainsi protéger le consommateur. «On ne veut pas juste un minimum, il faut aussi un maximum afin d'empêcher les détaillants d'abuser sur le dos des consommateurs», soutient-il.
Selon M. Clément, à long terme, le prix plancher servira également le consommateur puisque la disparition de petits entrepreneurs aurait pour effet de réduire la compétition et de faire grimper les prix.